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La mécanisation de l'agriculture malienne promise par le président ATT, lors de la journée paysanne de Koutiala, est devenue une réalité depuis le jeudi 29 juin, avec la remise officielle de 300 tracteurs et 450 matériels divers au monde paysan. Pour un coût global de près de 3 milliards de FCFA, ces tracteurs, qui représentent près des 2/3 du parc existant, portent à 1294 le nombre de tracteurs agricoles au Mali et fait du coup de notre pays la seconde agriculture la plus mécanisée de l'Afrique de l'ouest, derrière le Nigeria.
La révolution verte a-t-elle démarré au Mali ? Certainement le monde paysan peut répondre à cette interrogation par l'affirmative. En effet, si le machinisme agricole constitue l'un des passages majeurs vers cette révolution, le Mali vient de franchir une étape importante avec l'opération 300 tracteurs. C'est dans une ferveur totale que les populations de la commune du Mandé et le monde paysan ont assisté à la remise de ces tracteurs par le Chef de l'Etat, accompagné du Premier ministre, des membres du gouvernement et des partenaires.
Les équipements ainsi remis sont le couronnement du premier volet d'une initiative du président ATT en matière de mécanisation. Fruit de la coopération entre le Mali et l'Inde dans le cadre du programme Team-9, les équipements se composent de 300 tracteurs de marque Solanika dont 150 unités de 75 CV et 150 autres de 50 CV ; 300 pulvérisateurs à disque dont 150 à 18 disques avec une largeur de travail de 2m et 150 unités de 14 disques pour une largeur de travail de 1,5 m ; 100 batteuses de riz avec moteur pour une capacité de 500 kilos par heure, 50 remorques d'une capacité de 6 tonnes. Ces équipements ont été montés à Samanko par une équipe d'une trentaine de personnes dont 15 techniciens qui ont déjà formé des gens à la conduite de ces engins. Des démonstrations opérées par les femmes devant les officiels prouvent à suffisance la facilité de leur maniement pour les futurs bénéficiaires.
Ce premier volet a coûté 2,9 milliards de FCFA et a été exécuté par la Sonalika International. Quant au second volet du programme de mécanisation agricole, il va se traduire par la construction d'une usine d'assemblage et de montage de tracteurs à Samanko pour une capacité de 8 à 12 unités par jour et une opportunité d'emploi permanent de 40 personnes. L'usine est livrée avec 95 tracteurs en kits, un marché attribué à la société Angélique International Limited. Ce second volet va coûter 3,1 milliards de FCFA.
Aux dires du ministre de l'Agriculture, Seydou Traoré, l'agriculture malienne compte désormais 1294 tracteurs contre 743 actuellement, plaçant du coup le pays au deuxième rang des pays les plus équipés en tracteurs dans la zone CEDEAO après le Nigeria (1 600) et avant le Ghana (1 200) et la Côte d'Ivoire (1000).
Avec cette opération de mécanisation qui vient s'ajouter à d'autres initiatives comme l'augmentation du budget alloué à l'agriculture passé de 9 à 15 %, le développement de la maîtrise de l'eau à travers les aménagements hydro-agricoles, l'élaboration de la Loi d'orientation agricole, le programme Sanji ou pluies provoquées, l'adoption d'un code des investissements incitatifs, les bases de la modernisation de notre agriculture sont désormais jetées pour passer d'une agriculture de subsistance à une agriculture de type industriel.
"Nous n'avons pas le choix, car les potentialités sont là, il nous fallait les moyens qui sont là, nous allons faire de ce pays une puissance céréalière" dira le président de la République. Pour ATT, le choix de l'Inde n'est pas fortuit car ce pays, en quatre ans, a réussi le pari de la révolution verte, et le Mali peut faire autant avec son appui dans le cadre de Team-9 et autres initiatives.
En tout cas, pour Bakari Togola, le président de l'APCAM, la balle est maintenant dans le camp des paysans qui doivent faire bon usage de ces équipements et produire en quantité pour l'autosuffisance alimentaire. Ceux qui auront la chance d'en avoir doivent respecter leurs engagements pour donner la chance au maximum de producteurs d'avoir un tracteur. A ce niveau, le président ATT a invité le département de l'Agriculture à accorder une attention particulière aux jeunes ruraux et aux femmes qui ont accepté de se lancer dans l'exploitation de la terre. Ceux-ci devront bénéficier de ces tracteurs par l'intermédiaire de l'APEJ.
Une vision qui aura l'appui du partenaire indien qui a toujours entretenu des relations privilégiées avec notre pays. C'est ainsi que S.E. Mme Shashi Tripathin secrétaire générale du ministère indien des Affaires étrangères a rappelé que l'initiative Team-9 vise à intensifier les interactions entre son pays et ceux d'Afrique éligibles par l'intermédiation de projets dans le domaine de la sécurité alimentaire, l'agriculture, l'électricité, l'amélioration des infrastructures dans le secteur du transport.
L'opération tracteurs a été effectuée sous la rubrique de la ligne de crédit de Team-9, à un taux préférentiel, mise par le gouvernement de l'Inde à la disposition du Mali pour un montant de 12 millions de dollars US. Une deuxième ligne de crédit destinée à l'électrification rurale et s'élevant à 15 millions de dollars US a été accordée au Mali. L'Inde, poursuivra Mme Tripathin" continuera d'apporter son assistance ferme aux pays africains membres du Team-9 pour leur développement socio-économique". Aussi, dans le cadre de la mise en oeuvre du NEPAD, l'Inde a accordé au Mali une ligne de crédit d'un montant de 20,62 millions de dollars US à un taux préférentiel pour financer l'achat en Inde de wagons et de locomotives de chemins de fer. Toujours dans le cadre de sa coopération avec l'Afrique, ce pays a mis à la disposition de Ecowas Bank for Investment and Development (EBID) une ligne de crédit de 250 millions de dollars US dont le Mali et tous autres pays membres de l'EBID peuvent bénéficier.
Le maire de la commune du Mandé, Souleymane Makamba Doumbia, a profité de l'occasion pour soumettre au chef de l'Etat certaines doléances des populations de sa circonscription notamment aménagement de certaines plaines comme celle de Farabana qui peut constituer une source de développement local. |