Samedi 15 mai 2004, à Magnambougou, il était 10 heures lorsque Ouda, de son vrai nom Daouda Bomou, un enfant de 8 ans, sortait à vélo, en compagnie d'un autre enfant de 5 ans. Alors qu'ils étaient seulement à quelques mètres de leur domicile, les deux enfants ont été interceptés par un inconnu qui n'était autre qu'une personne mal intentionnée du nom de Moussa Ballo. C'est ainsi que commençait une journée qui sera longue pour le plus âgé des deux enfants. Moussa Ballo usa d'abord de la ruse puis de la menace pour enlever Ouda. Un miraculeux. Parce qu'ayant échappé à une mort certaine, la plupart des enlèvements (devenus malheureusement nombreux) se soldant par des sacrifices humains. La Brigade de gendarmerie de Faladié a enquêté et déféré Moussa Ballo.
Comment Moussa Ballo a-t-il enlevé Ouda ?
Cet illustre inconnu en venant à l'enfant lui a promis de lui donner 25 F s'il acceptait d'aller acheter des feuilles pour un mouton qui s'est avéré par la suite inexistant. Alors que Ouda acceptait de le suivre, l'homme demandait à l'autre enfant (5 ans) de rentrer à la maison. C'est ainsi que de Magnambougou, Moussa Ballo parvint à s'éloigner avec l'enfant. Ils arrivent aux environs de la mosquée de Nimaga en empruntent le goudron qui mène au Lycée Ibrahim Ly. Pendant ce temps Ouda qui avait manifesté la volonté de mettre un terme à la partie et de retourner à la maison, s'était vu opposer la résistance du kidnappeur. «Ma mère m'a dit qu'il y a des coupeurs de tête par là, je veux retourner à la maison», disait l'enfant. Moussa Ballo qui avait compris que la mère de l'enfant travaillait quelque part dans un autre quartier lui promet alors de l'amener chez sa mère et obtient encore l'accord de Ouda qui, par moment, refusait de le suivre. Alors l'homme se faisait menaçant : «si tu ne viens pas sans broncher, je t'assomme immédiatement !». L'enfant pédale doucement sur son vélo tandis que Moussa Ballo marchait à ses côtés comme un père en promenade, avec sa progéniture, sans éveiller le moindre soupçon. ils traversèrent des espaces, s'engouffrèrent dans des couloirs déserts alors que l'enfant qui ne pouvait crier était pris de frayeur. De Magnambougou à Sokorodji puis de Sokorodji à Banankabougou, ils arrivèrent aux alentours du marché côté Nord, un coin non construit érigé en dépotoir des ordures. Non loin de là se trouve l'atelier de couture ou travaille la mère de Ouda au Nord du marché de Banankabougou.
Et le miracle s'est produit.
Mais l'enfant de 8 ans ne savait nullement où exerçait sa jeune maman du nom de Néné Cita dite Yakaré. Selon cette dernière, c'est entre deux commissions quelle a vécu le miracle. Elle venait juste d'acheter de la glace et s'apprêtait à s'installer. dans l'atelier, quand un collègue lui demande d'aller acheter ses billets de PMU Mali. C'est ainsi que Yakaré sort à nouveau de l'atelier et se dirige vers le marché. A peine a-t-elle fait trente mètres qu'elle entendit une voix l'appeler derrière elle. C'était celle de son propre fils qui enchaîna directement avec des pleures, nous raconte-t-elle: «Pourquoi es-tu venu jusqu'ici ? Qu'es-tu venu faire ?... », alors que Yakaré posait des questions Ouda essayait de lui expliquer que cet homme est une personne mal intentionnée qui lui a interdit de parler au risque de l'assommer. Pendant ce temps Moussa Ballo élevait aussi le ton : «Je vais remettre cet enfant à sa mère qui se trouve au marché ; il faisait le chemin seul quand je l'ai accompagné». «Sa mère ?... me connais-tu ?... ainsi, tu emportais mon fils ?... », lui demandait Yakaré. Et Moussa Ballo d'élever le ton : «Que vais-je faire de cet enfant ? je voulais juste l'accompagner».
Le kidnappeur qui était déjà cerné par les gens a été passé à tabac. La gendarmerie de Faladié qui a enquêté, conclut à un cas suspect et mit Moussa Ballo à la disposition de la justice en le déférant à la prison Centrale de Bamako, nous précise le Chef de brigade de la gendarmerie de Faladié, le Major AI Hader Maïga. Toutefois, ce cas suspect mérite d'être élucidé et le réseau doit être démantelé car Moussa Ballo n'aurait jamais pu opérer en solitaire. Plusieurs cas d'enlèvement d'enfant ont été perpétrés ces derniers temps. Le petit Camara, également un enfant de 8 ans a été enlevé et sauvagement assassiné à N'Golonina. Plus tard son corps a été retrouvé au bord du fleuve avec des parties sectionnées. C'est dire que le danger sur les enfants est toujours là. Aux hautes autorités du pays de garantir la sécurité publique !