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C'est en principe ce matin que Yacouba Katilé et sa troupe iront en grève pour exiger une amélioration des conditions de vie des agents des douanes et surtout la réintégration des 300 contractuels employés depuis plus d'une décennie par nos services des douanes.
Si la pertinence de ces revendications syndicales ne fait l'objet d'aucun doute, les moyens utilisés pour obtenir leur satisfaction posent problème. Depuis le 26 juin dernier, on ne cesse d'enregistrer des réactions dénonçant le caractère illégal du préavis de grève N°015 du 14 juin 2006 déposé auprès du ministère de l'Economie et des Finances au nom de la section syndicale des douanes. Dans un communiqué d'abord signé par le secrétaire général de la section syndicale des douanes affiliée au Syntade, Mohamed Bassirou Camara informera ses adhérents que "ledit préavis de grève est la conséquence d'une usurpation de qualité née de la crise syndicale que connaît notre administration". Il fera en outre savoir : "le caractère illégal dudit préavis de grève ne saurait nullement engager la section syndicale des douanes légalement affiliée au Syntade".
En conséquence, Mohamed Bassirou Camara invite "les travailleurs et travailleuses de la douane à considérer ledit préavis de grève comme nul et de nul effet et leur demande de ne pas observer le mot d'ordre de grève".
En plus de ce communiqué, Mohamed Bassirou Camara a tenu à rencontrer hier matin la presse nationale à la Bourse du Travail pour des clarifications. Dans son discours introductif, il soutient : "il n'existe pas à la douane deux sections syndicales que ce soit en fait comme dans les textes". Ce préavis de grève, dira-t-il, n'engage nullement la section syndicale qu'il dirige. "Nous sommes en droit d'intenter une action judiciaire mais nous ne le ferons pas", ajouta Mohamed Bassirou Camara.
Répondant aux griefs qui lui sont reprochés par l'autre section dirigée par Yacouba Katilé, Camara fera savoir : "la section que nous dirigeons est une section sapeur pompiers". Selon lui, chacun des douaniers pris individuellement sait en son âme et conscience ce que la section a fait.
A la question de savoir s'il démissionnera en cas de réussite de la grève Mohamed Bassirou Camara répondra : "dès lors que c'est une grève qui ne nous engage pas, qu'elle réussisse ou ne réussisse pas ne saurait avoir aucun effet sur mon mandat". Parlant du cahier de charge déposé par la tendance de Yacouba Katilé, il fera savoir : "ils n'ont fait que de la récupération en prenant mes doléances". Selon Bassirou Camara, intégrer les contractuels, recréer le corps des préposés et créer l'Ecole Nationale des Douanes sont des revendications qu'il a tout le temps posées sur la table. "Nous sommes en présence d'un coup d'état syndical qui ne dit pas son nom. Or, il n'y a pas de coup d'état syndical", conclut-il.
A la suite de Bassirou Camara, c'est le secrétaire général de l'Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM) et non moins secrétaire général du Syntade, Siaka Diakité qui s'est démarqué du préavis de grève. Dans une correspondance datée du 27 juin 2006 (Ref. N°0028/BC-Syntade) ayant comme objet "situation de la section syndicale de la douane", Siaka Diakité fera savoir à Yacouba Katilé : "je vous avais personnellement demandé d'éviter de poser des actes qui peuvent être de nature à créer des confusions tant en matière de légalité et de légitimité".
Il dira en outre : "votre préavis de grève est inapte à résoudre le problème que vous avez et que nous avons pris au sérieux dès le début". Siaka Diakité dira enfin :"avant qu'une suite définitive et heureuse soit trouvée à votre problème, je vous demande d'arrêter de faire usage du nom et du sigle du Syntade et de la section des douanes que vous ne représentez pas. Suspendez toute activité de nature à compliquer les choses...". Tel est l'avertissement donné par Siaka Diakité à Yacouba Katilé. Cette sortie de Siaka Diakité qui n'est ni plus, ni moins qu'un désaveu de la tendance de Yacouba Katilé enlève désormais toute couverture légale à la grève projetée. Une décision qui d'ailleurs été prise en compte au plus haut point. En effet, après avoir recueilli les points de vue de l'UNTM et du Syntade sur la légalité de l'une ou l'autre section syndicale de la douane, le ministre de l'Economie et des Finances a convoqué le 27 juin dernier dans son cabinet le directeur général des douanes, le Colonel Cheick Kéïta et les secrétaires généraux des deux sections syndicales de la douane : Mohamed Bassirou Camara et Yacouba Katilé. Lors de cette rencontre, le ministre de l'Economie et des Finances fera savoir à Yacouba Katilé qu'après avis du Syntade, "son préavis de grève n'a pas de support légal". Ces déclarations ont tout l'air d'indiquer que des sanctions tomberont sur ceux qui observeront le mot d'ordre de grève. |