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Le commissaire européen au développement demande aux pays européens un effort significatif de 13.000 milliards de Fcfa en faveur des pays ACP d'ici 2010.
La 9è session de l'Assemblée parlementaire paritaire ACP/UE a écouté hier au Palais des congrès, la déclaration de Louis Michel, le commissaire européen au développement et à l'aide humanitaire.
C'était sous la co-présidence de Sharon Hay Webster des ACP et Glenys Kinnock de l’UE, en présence du président de l'Assemblée Ibrahim Boubacar Keïta.
Louis Michel a évoqué les nouvelles propositions de sa commission, les nouvelles sources de financement, l'efficacité de l'aide au développement, la cohérence des politiques pour le développement et les accords de partenariat économique (APE).
La commission, annoncera-t-il, a adopté de nouvelles mesures basées sur le financement du développement et l'efficacité de l'aide, la cohérence des politiques pour le développement et l'attention accordée à la l'Afrique sub-saharienne. Cette partie du continent reste, en effet, en retard sur de nombreux plans.
Se fondant sur ce constat, Le commissaire européen au développement a proposé, pour 2010, un nouvel objectif intermédiaire qui demandera aux États européens de porter l'effort collectif de l'Union à 0,56% du PIB. Ce qui se traduira, selon Louis Michel, par un accroissement de l'aide européenne de 20 milliards d'euros (soit plus de 13.000 milliards de Fcfa) par an en 2010.
Sur les nouvelles sources de financement, la position de l'ancien chef de la diplomatie belge est tranchée : «elles ne peuvent être, en aucun cas, un prétexte pour repousser ou réduire les engagements d'accroissement de l'aide publique».
Militant pour une synergie des actions dans le sens d'une meilleure coordination des politiques et de l'harmonisation des procédures en Europe, le commissaire jugera que l'Europe doit être plus que la banale addition des budgets individuels des États.
Louis Michel a frappé les esprits par la qualité de son analyse des préoccupations du continent et de la cohérence des politiques de développement. Il a ainsi identifié onze domaines prioritaires -le commerce, l'agriculture, la pêche, l'environnement, la sécurité, l'emploi, la migration, la recherche, la société de l'information, le transport et l'énergie- sur lesquels des efforts doivent porter.
L'Afrique confrontée à de nombreuses difficultés, doit s'organiser pour refaire une partie de son retard sur les pays développés. Mais les observateurs avisés s'accordent aussi sur une réalité : l'UE doit soutenir vigoureusement les initiatives de développement dans cette partie du monde. Le commissaire Louis Michel partage cet avis. L'Afrique a besoin d'une attention urgente et il n'est donc pas question de diminuer les moyens mis à sa disposition, soulignera-t-il.
Les accords de partenariat, socle important des relations entre pays ACP et leurs partenaires de l'UE, nécessitent de nos pays des efforts dans la préparation de la négociation, de l'accompagnement et du suivi. Louis Michel soulignera, à ce propos, la nécessité d'une intégration régionale renforcée qui passe par la création de marchés efficaces et d'un environnement attrayant pour les investisseurs.
Après l'intervention du commissaire européen, les parlementaires ACP/UE E ont demandé des précisions sur des questions comme l'annulation de la dette des pays ACP. C'est une vision démagogique que de dire d'annuler les dettes. «Je suis pour une remise, un étaiement de la dette en vue de réduire ses conséquences au cas par cas mais pas une annulation», répondra en substance Louis Michel.
Sur les efforts de Cuba de normaliser ses relations avec l'UE, le commissaire européen a été interpellé par un parlementaire polonais qui ne goûte guère les négociations avec le Cuba : «Comment vous êtes vous senti, commissaire, après avoir serré la main d'un dictateur comme Castro ? »
La longue ovation qui a suivi la réponse atteste de !a qualité de la réplique : «C'est très audacieux de poser une telle question. Au delà de la conviction politique, il est de mon devoir de responsable d'analyser les choses et d'établir le dialogue politique pour faire avancer les choses». |