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Le fleuve Niger continue d'être le dépotoir des déchets solides et liquides. Au mépris du danger que cela représente pour la santé des riverains.
L'eau c'est la vie. Il s'agit de l'eau potable. L'eau polluée est un grand danger pour la vie. La pollution de l'eau du fleuve Niger constitue donc un énorme danger pour la santé de nos compatriotes. Car ce fleuve est la sève nourricière de notre pays. Conscientes de cette réalité les services techniques de l'Etat n'ont de cesse de tirer la sonnette d'alarme pour attirer l'attention sur la situation du fleuve Niger. De nombreuses émissions à la radio et à la télévision sont consacrées à la sensibilisation des populations. Les journaux ne sont pas en reste avec des articles alarmants sur la pollutions du fleuve.
Mais le comportement des riverains du fleuve ne change pas d'un iota. Même les panneaux installés récemment sur la voie publique par le ministère de l'Environnement pour rappeler les obligations constitutionnelles vis-à-vis des fleuves et des cours d'eau n'arrivent pas à émouvoir nos compatriotes.
Ces panneaux rappellent aux citoyens le "respect obligatoire des normes de rejet dans les milieux récepteurs". Ils indiquent aussi qu'il est indispensable d'effectuer un "traitement préalable des déchets Biomédicaux, industriels et artisanaux avant leur rejet". Les panneaux préviennent que le non respect de ces dispositions expose à une peine d'emprisonnement allant de 11 jours à 3 mois et au paiement d'une amende de 20 000 à 120 000 Fcfa.
Les déchets solides ou liquides continuent d'être déversés dans le fleuve. Ibrahima Doumbia, le directeur national de l'Assainissement et du contrôle des pollutions et nuisances (DNACPN) ne manque pas de stigmatiser cette situation. La capacité du fleuve à laver les détritus, a une limite, indique-t-il, appelant à une reconversion des mentalités.
DIVERSES SOURCES DE POLLUTION.
Toutes les agglomérations constituent des sources de pollution pour le fleuve qui parcourt 1700 km dans notre pays. De Bamako à Gao en passant par Mopti et Djenné, le fleuve est un dépotoir des déchets ménagers et des eaux usées. Ibrahima Doumbia pense que cette situation est due au manque de culture des poubelles et à la défaillance des services de voirie chargés d'évacuer les déchets hors des villes. Selon lui, il faut une bonne coordination de la collecte des déchets des familles jusqu'aux décharges finales en passant les dépôts de transit.
Dans la capitale, déplore-t-il, la quasi-totalité des familles ont leur système d'évacuation des eaux usées domestiques directement connecté sur les caniveaux ou sur les collecteurs qui débouchent sur le fleuve.
Sans compter que les teinturières, pour la plupart, ne font aucun effort pour traiter leurs eaux usées. Elles déversent dans le fleuve ces eaux contenant des produits chimiques.
Les teinturières sont imitées par des unités industrielles, des unités artisanales de fabrication de savon, des tanneries artisanales et des abattoirs. Les savonneries utilisent des produits chimiques contenant des métaux lourds susceptibles de provoquer le cancer. Quant aux abattoirs et aux bouchers clandestins, les énormes quantités de déchets qu'ils déversent dans le fleuve contiennent du sang et des restes d'animaux. Aussi les intrants utilisés par les maraîchers constituent une source non négligeable de pollution du fleuve.
STATION D'ÉPURATION.
Afin de faire face à la pollution du fleuve qui risque d'être à la longue la source d'un problème de santé publique, les autorités ont mis en place une stratégie de gestion des déchets domestiques et industrielles d'un coût de 300 millions de Fcfa. Financée avec le concours de la Banque Mondiale, la stratégie consiste à promouvoir entre autres les poubelles au sein des familles, explique Ibrahima Doumbia, le directeur de la DNACPN. Il ajoute qu'un autre volet de la stratégie sera consacrée à l'implication des sociétés privées dans la gestion des déchets, la multiplication des GIE, leur formation et leur appui par les municipalités.
Les collecteurs seront aménagés de façon esthétique afin de dissuader les populations de les transformer en dépotoirs. La construction d'une station d'épuration a déjà débuté dans la zone industrielle pour le traitement des eaux industrielles usées avant leur rejet dans le fleuve.
Dans les quartiers riverains où la nappe phréatique est à un mètre environ de la surface, seront réalisés des mini-égoûts reliés à la station d'épuration. Les teinturières seront regroupées dans les communes sur des aires d'environ deux ha pour mieux gérer leurs déchets au niveau de cette station d'épuration. |