|
| |
afrique
: AUTRES
NOUVELLES |
|
|
| |
|
| |
|
| |
|
|
Si il y’a une particularité qui ne laisse pas indifférents des millions d’Africains en ce début d’année 2010, c’est bien l’anniversaire des 50 ans de liberté des 17 pays du continent, dont 15 francophones. Quels sont ces pays et les principaux leaders qui les ont conduits à leur indépendance ? Que sont devenus ces figures qui ont fait la fierté du peuple noir peu après les années 1960 ? Lisez plutôt ce calendrier des événements.
On ne peut pas comprendre l’Afrique d’aujourd’hui sans jeter un regard rétrospectif sur les années 1960 qui ont vu la plupart des Etats africains accéder à leur souveraineté nationale et internationale.
Mais aujourd’hui force est de constater que malgré les immenses potentialités dont dispose le continent, l’Afrique reste à la traîne. Plus de discours mensongers que de vérités, beaucoup de signatures, peu de réalisations. Sans politique adaptée aux réalités nationales, les Etats africains resteront indépendants mais jamais souverains. La principale cause de cette léthargie serait la politique occidentale de mettre dos à dos tous les cadres patriotes capables de faire avancer ce continent. De l’indépendance à nos jours, tous les dignes fils (pères de l’indépendance) sont soit emprisonnés, soit assassinés, déportés ou même portés disparus à la suite de soulèvements populaires ou tout simplement de coups d’Etat. Donc il est temps que nos peuples acceptent de se voir en face afin de travailler honnêtement comme les Asiatiques l’ont fait pour arracher leur souveraineté. En posant la question : qu’est- ce que nous avons fait de nos 50 ans d’indépendance ? La réponse probable pour l’Africain lambda serait dans la plupart des cas un aveu de désespoir.
Parlant de l’ordre chronologique des 17 pays ayant accédé à l’indépendance en 1960, on citera en tête le Cameroun, conduit à la liberté le 1er janvier, par un autodidacte, commis de poste âgé de 36 ans : Ahmadou Ahidjo. A sa démission volontaire du pouvoir en 1982, il sera condamné à mort par contumace par son successeur Paul Biya, avant de mourir en novembre 1989 à Dakar.
Le Sénégal a pris son indépendance le 4 avril avec à sa tête un poète de 54 ans : Léopold Sédar Senghor. Il a dirigé le pays de la Téranga jusqu'en 1981, l’année à laquelle il démissionna de son propre gré. Il s’éteignit en 2001 en France.
Le Togo est sorti du joug colonial le 27 avril avec comme Président Sylvanus Olympio, un entrepreneur de haut niveau qui fut assassiné en 1963.
Madagascar rentre dans la danse un 26 juin avec comme tête de file un instituteur de 50 ans du nom de Philibert Tsiranana. Il sera déchu de ses fonctions en 1975, avant de mourir de chagrins trois ans après.
L’assassinat de Patrice Emery Lumumba
La République Démocratique du Congo prend son indépendance le 30 juin avec comme chef d’Etat Joseph Kasa-Vubu. Mais l’histoire a voulu retenir le nom de son jeune premier ministre, leader impulsif âgé de 35 ans : Patrice Emery Lumumba. Il a été victime de son patriotisme car arrêté et exécuté par les agents des services de renseignements belges au Katanga, le 17 janvier 1961.
La Somalie rentre dans l’histoire des indépendances le 1er juillet.
Ensuite ce fut le Bénin un mois plus tard soit le 1er Août. A l’époque il était dirigé par Hubert Maga, un instituteur utopiste, chassé du pouvoir par l’armée en octobre 1963, avant de revenir aux affaires en 1970. Renversé par Mathieu Kérékou en 1972, il meurt à Cotonou en mai 2000.
Le Niger a accédé à l’indépendance le 3 Août sous l’égide de l’instituteur Diori Hamani : 44 ans en 1960. Après 14 ans de pouvoir, il a été renversé suite à un coup d’Etat militaire. Il a connu les bagnes de Zinder et de Niamey avant de mourir en 1989 au Maroc.
Le Burkina Faso, indépendant à partir du 5 Août, est dirigé par un syndicaliste d’une quarantaine d’années répondant au nom de Maurice Yaméogo. Il démissionna du pouvoir en 1966 à la suite d’un soulèvement populaire. Placé en résidence surveillée, il meurt en 1993.
La Côte d’Ivoire, le pays de Houphouët, a eu son indépendance 2 jours après le Burkina, soit le 7 Août. Il sera dirigé par un rassembleur hors pair, Félix Houphouët Boigny jusqu’à sa mort en 1993.
Le Tchad : 11 août est la date d’indépendance de ce pays saharien avec à sa tête François Tombalbaye, un enseignant de 42 ans. Il est tué au cours d’un putsch de l’armée tchadienne, en 1975.
La Centrafrique a pour date phare de son histoire le 13 août, avec comme mentor un prêtre humaniste : Barthélemy Boganda. Président du conseil du gouvernement. Il meurt en mars1959, avant les indépendances suite à un accident d’avion.
Le Congo Brazzaville accéda le 15 Août avec comme Président un autre prêtre de 43 ans du nom de Fulbert Youlou. Chassé du pouvoir en 1963, il meurt en exil à Madrid en 1972.
Le Gabon a eu sa liberté le 17 août sous l’impulsion d’un commis de l’administration française, Léon Mba. Il est écarté du pouvoir en 1964, avec l’aide de l’armée française. Il sera rétabli dans ses fonctions et mourra trois ans après.
Modibo Keita meurt en détention en 1977 à Bamako.
Le Mali est le 15ème pays à accéder à l’indépendance en 1960, sous l’égide d’un patriote convaincu de 45 ans : Modibo Keita. Instituteur, paysan, syndicaliste il va mettre son pays sur les rails du développement. Huit ans après, il sera victime de son autoritarisme, suite à un coup d’Etat militaire dirigé par Moussa Traoré. Il meurt en détention en 1977 à Bamako.
Le Nigeria a pris son indépendance le 1er octobre 1960. Contrairement aux colonies françaises, la décolonisation britannique était pragmatique. Pas de deuil.
Et enfin la Mauritanie ferme la marge en accédant à son indépendance le 28 novembre, sous l’égide d’un jeune avocat de 36ans : Moktar Ould Daddah. Renversé comme beaucoup d’autres chefs d’Etat en 1978, il s’exile en Tunisie et en France, avant de s’éteindre en 2003.
Cependant, après 50 ans de souffrances, de guerres, de coups d’Etat, de misères et de famines, beaucoup de chefs d’Etats africains ont jugé nécessaire de fêter cet anniversaire afin d’inculquer dans la conscience populaire l’esprit de la nation.
De véritables défis restent à relever quant à l’unification, au développement du continent et au bien-être de la population.
Les Africains doivent comprendre que la colonisation continue sous d’autres formes. Il nous appartient de savoir où se trouvent nos intérêts face à l’Occident. Le monde est un village planétaire d’où l’interdépendance des peuples et des nations. Le cinquantenaire est l’occasion pour nous Africains de conquérir de nouveaux horizons en nous appuyant sur notre patriotisme. |