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Beaucoup de Bamakois et de Katois viennent faire de bonnes affaires dans ce marché de campagne connu pour la qualité des produits qui y sont proposés.

Situé à une dizaine de kilomètres de la ville de Kati, le marché hebdomadaire de la commune rurale de Kambila communément appelé Dral est devenu aujourd’hui une véritable fourmilière. Chaque samedi, beaucoup de citadins, des Bamakois et des Katois, viennent faire des bonnes affaires dans ce marché où négociants de bétail, bouchers, vendeuses de fruits et légumes, revendeurs d’articles divers, transporteurs, se côtoient, parfois épaule contre épaule. Quels sont les secrets d’une telle affluence sur ce marché rural ? Samedi dernier comme à l’accoutumée, il y avait foule au Dral. Tandis que les hangars des bouchers débordaient d’acheteurs, les parcs de bœufs et petits ruminants attiraient beaucoup de clients nullement incommodés en apparence, par la forte poussière soulevées par les bêtes et les mouches attirées par elles. Les vendeuses de fruits et légumes, elles, avaient fini depuis longtemps de déborder sur la route bitumée qui « coupe » le marché au point de gêner considérablement le passage des véhicules. Le couple Coulibaly de Kati est un habitué des lieux.

Chaque samedi, monsieur et madame s’engouffrent dans leur voiture pour venir acheter les provisions de la semaine. Pendant que le chef de famille s’occupe à payer de la viande, son épouse marchande avec des vendeuses de fruits et légumes. « La viande de ce marché est de très bonne qualité et ça coûte un peu moins cher. On achète le kilo à 1500 F contre 1600 à Kati », explique Coulibaly. Le couple achète en moyenne 10 kg de viande qui peut être utilisée toute la semaine. Moussa Traoré, lui, est venu de Bamako. Cadre de l’administration et père de famille, il fait ses achats au marché Dral depuis plus de deux décennies. C’est avant tout la qualité de la viande vendue ici qu’il apprécie. Moussa est venu avec deux de ses collègues de service qu’il a convaincus à venir acheter de la qualité au Dral. « Je fréquente ce marché depuis plus de 20 ans. Je n’ai jamais douté de la qualité de la viande qui y est vendue. Chaque fois que je viens ici, je reviens avec 20 kilos de viande. Je trouve aussi que la viande est un peu moins chère qu’à Bamako », note-t-il. Moussa Traoré et ses collègues sont rentrés à Bamako avec les provisions de la semaine. Ils promettent de revenir encore et encore. Venir acheter de la viande dans le marché Dral est aussi un plaisir pour certains Bamakois. C’est le cas de Salif Kéita. Cet homme d’affaires aime sortir Bamako le week-end et s’aérer les bronches. « S’il s’agit de venir acheter seulement de la viande, je préfère le faire à Bamako. Je viens ici pour profiter de la campagne », avoue-t-il.

 

ABATTAGES CONTRÔLÉS.

Chaka Diarra figure parmi la dizaine de bouchers installés au Dral. Il est 11 heures, il y a déjà abattu deux boeufs et compte en abattre un troisième avant la fermeture du marché à 18 heures. Ce jeune boucher estime que les gens viennent ici pour la qualité de la viande et non à cause du prix. « Avant la fermeture, je vends toutes mes carcasses aux clients venus de Bamako, Kati et aussi aux voyageurs qui s’arrêtent ici de temps en temps. La particularité de ce marché est qu’on a la chance de recevoir de gros clients. Ici aussi la concurrence est telle qu’on ne peut se permettre d’abattre un bœuf affamé », constate-t-il. Entre les hangars des bouchers et les parcs de bétail, il n’y a qu’un pas. Les boeufs et petits ruminants acquis par les bouchers de la place proviennent de localités diverses comme Nioro, Nara, Kolokani, Banamba. Les abattages sont contrôlés par une équipe de vétérinaires dirigée par Jean Pierre Konaté.

Connu pour sa rigueur, le vétérinaire en chef se fait toujours accompagner par des gendarmes. « Le marché à bétail Dral est l’un des plus importants du pays. Il est classé en deuxième position après celui de Fatoma dans la région de Mopti. Je pense qu’une viande de bonne qualité est une viande saine et propre. C’est pourquoi nous sommes très exigeants lors du contrôle. Ici les normes d’abattage sont respectées à la lettre. Nous avons pris des dispositions pour éviter tout abattage clandestin », assure le vétérinaire. Le doyen des bouchers, Noumouké Traoré, explique comment un simple marché à bétail est devenu aujourd’hui un vrai abattoir. « Ce marché à bétail, dit-il, fut installé dans les années 60 pour ravitailler les abattoirs de Bamako et Kati. Le marché s’est agrandi au fil des années avec l’arrivée des bouchers et des vendeuses de fruits et légumes. Aujourd’hui, c’est devenu un vrai marché où le client a le choix entre différents produits locaux de bonne qualité ». Les fruits et légumes du marché Dral sont incontestablement de premier choix. Étalés à perte de vue, parfois à même le sol, on en trouve beaucoup en cette saison : tomate, oignon, chou, papaye, orange, citron, pomme de terre, patate, betterave. Mariam Diarra vend des fruits et légumes au marché Dral. Elle les achète directement aux producteurs pour une revente immédiate. « Tous ces fruits et légumes sont des produits locaux. On les achète en gros et on les revend sur place », explique-t-elle. Kélé Traoré est un gros producteurs de tomate installé à Sikoro. Ce jour, il a apporté en charrette 15 paniers de tomate qui a tous écoulés auprès des vendeuses à 2500 F l’unité. Une vendeuse venue de Bamako a acquis plusieurs sacs de pomme de terre à 250 F le kilo. Elle compte revendre le kilo à 400 F dans un marché de la capitale. Comme elle et Mariam, nombre de femmes viennent faire de bonnes affaires au Dral et apparemment ça marche pour elles. Comme ça marche incontestablement pour les minibus qui font des navettes incessantes entre le marché Dral et Kati ou Bamako.



Rédacteur(s): Madiba Keïta

 

 

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