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 Une étude comparative des indicateurs d'hier et d'aujourd'hui révèle que des progrès significatifs ont été réalisés en la matière.
La grossesse est à la fois un événement heureux et une angoisse perpétuelle jusqu'à la délivrance. En effet, il n'y a pas de risque zéro en la matière. Mais une grossesse bien suivie minimise, évidemment, le risques. Tous les efforts doivent donc être déployés dans ce sens. Et cela commence par la sensibilisation de l'opinion sur la question. Telle est l'idée qui sous-tend l'organisation de la Journée nationale de la maternité à moindre risque. La 5è édition de cette initiative a eu lieu hier. La cérémonie s'est déroulée au Centre international des conférences de Bamako.
Elle était présidée par l'épouse du chef de l'Etat, Mme Touré Lobbo Traoré. Des membres du gouvernement dont le ministre de la Santé, Oumar Ibrahima Touré, et d'autres personnalités étaient présents.
L'on ne se lassera pas de le déplorer : les taux de mortalité maternelle et néonatale sont dramatiques dans les pays africains. Ainsi, le risque de mourir de couche est estimé à 1 cas sur 16 en Afrique contre 1 cas sur 3 600 dans les pays développés.
La Journée nationale de la maternité à moindre risque a choisi cette année comme thème : "Problématique de la moralité maternelle et infantile. Quels défis à relever d'ici 2015 ?".
La lutte contre la mortalité maternelle et néonatale, constitue depuis près d'une décennie une grande préoccupation dans nos pays. Les Premières dames du continent sont en première ligne dans ce combat. Elles ont pris l'engagement de s'investir dans ce combat depuis 2001 à travers le forum, « Vison 2010 ».
Intervenant à la cérémonie d'hier, le Pr Amadou Dolo, point focal de ce forum, a évoqué la Déclaration de Bamako sur la question. Cette déclaration s'appuie sur un consensus visant à réduire de moitié la mortalité maternelle et néonatale et du tiers, la morbidité d'ici à l'horizon 2010.
Dans cette déclaration, les Premières dames s'engagent à impliquer les familles, les communautés et les parlementaires dans le processus lutte contre les deux fléaux. Elles avaient, en outre, promis de solliciter l'appui de leurs époux, des chefs de gouvernement, des partenaires et des organisations internationales en la matière.
Le Pr Mamadou Marouf Traoré, pédiatre, a fait une communication sur le thème de la Journée. Cet exposé souligne que l'Afrique garde le ratio de mortalité infantile le plus élevé au monde avec 1000 décès sur 100 000 naissances vivantes. Sur le continent, on recense environ 1,2 million de décès néonatals.
Selon Mamadou Marouf Traoré, 25% des décès surviennent le premier jour de la naissance et 70% dans la première semaine. A l'analyse, les décès maternels et néonatals sont imputables aux infections, à l'asphyxie du nouveau-né qui requiert une prise en charge correcte et rapide mais aussi aux naissances avant terme.
UN LEADERSHIP UNAMIMEMENT SALUE
Précisons que l'on parle de mortalité néonatale, lorsque le décès survient dans les 28 jours qui suivent la naissance. Quand le drame arrive entre 0 et 1 an, on parle de mortalité infantile. Quant à la mortalité infanto-juvenile, il s'agit de celle qui intervient entre la naissance et le 5è anniversaire de l'enfant.
Notre pays qui se veut à l'avant-garde du combat pour l'amélioration de la santé de la mère et de l'enfant a multiplié les initiatives et les actions en la matière ces dernières années. Ces efforts ont été consacrés par la gratuité de la césarienne pour une meilleure prise en charge des complications de la grossesse ou de l'accouchement.
Il faut noter également le renforcement du système de référence-évacuation et l'amélioration à l'accessibilité à des services de santé de la reproduction de qualité, y compris la planification familiale.
Le ministre de la Santé, Oumar Ibrahim Touré, a rappelé que « Vision 2010 » a été portée sur les fonts baptismaux à Bamako. L'objectif visé par cette initiative parrainée par les Premières dames, cadre parfaitement avec ceux du Millénaire pour le développement. Le ministre a fait remarquer que le décès d'une mère compromet non seulement la vie de ses enfants mais aussi le bien-être de la famille et de la communauté. Il a rendu hommage à Mme Touré Lobbo Traoré pour son engagement dynamique dans le combat contre les maux dont souffrent les femmes et les enfants. Avant de noter que le leadership de l'épouse du président de la République, est reconnu et unanimement salué par tous les acteurs intervenant dans le domaine.
Mme Touré Lobbo Traoré a confirmé qu'elle se sentait pleinement concernée par ce combat et interpellée par la Journée en tant que mère mais aussi comme sage-femme. La Journée nationale de la maternité à moindre risque est un moment privilégié d'établir le bilan des actions entreprises et d'évaluer leur impact sur la santé des femmes et des enfants, a souligné l'épouse du chef de l'Etat.
La Première dame ailleurs déploré les mauvaises statistiques en matière de mortalité maternelle et néonatale sur le continent. Mais une étude comparative des indicateurs d'hier et d'aujourd'hui prouve les progrès réalisés dans de nombreux pays dont le Mali. Ainsi de 2001 à 2006, notre pays a enregistré une réduction de 17% de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans, de 19% chez les nouveau-nés et 20% chez les femmes, a relevé Mme Touré Lobbo Traoré en jugeant que ces statistiques donnent espoir.
Il n'empêche que de grands défis demeurent. Il faudra encore plus d'efforts pour inverser la tendance et atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement à l'horizon 2015. Car aucune femme ne doit plus mourir en donnant la vie et aucun enfant ne doit décéder dans les premières heures de son existence.
Comme lors des éditions précédentes de la Journée, les prix Tara Boiré (une célèbre cantatrice décédée en couche) qui récompense les personnes physiques ou morales pour les actions accomplies dans la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale, ont été décernés. Cette année, ils ont été attribués à Ibrahima Boiré, infirmier à Fanga (cercle de Yélimané), à Amada Maïga, promoteur d'école de santé à Gao, à l'Association des donneurs bénévoles de sang et à celle des pédiatres. Tous les lauréats ont reçu une enveloppe de 500 000 Fcfa. L'infirmier de Fanga a en plus bénéficié d'un terrain à usage d'habitation.
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