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Le 21 Janvier 2009, le rebelle congolais et non moins leader du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP), le Général Laurent Nkunda, est arrêté au moment même où les Armées rwandaise et congolaise étaient engagées dans des opérations communes dans le Nord-Kivu.

 

Pourtant, cette arrestation n'est guère surprenante : elle était même attendue, en tout cas si l'on se réfère aux dernières péripéties qui ont secoué cette affaire entre le Général dissident et le pouvoir de la République Démocratique du Congo (RDC).

 

La main des Américains

Ces derniers temps, des milliers de soldats rwandais se sont "clandestinement" (dit-on : ce qui est faux) introduits en RD Congo, pour traquer les membres des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR). Cette opération avait été largement orchestrée, sur les plans tant financier que logistique, par les Etats Unis impliqués depuis longtemps dans la région.

 

En effet, pour prouver leur bonne foi au pouvoir de Kigali (capitale du Rwanda) qui les accusait de soutenir les FDLR, les Américains avaient demandé au Gouvernement congolais d'accepter cette opération. Mais faire revenir l'Armée rwandaise en RD Congo comportait en soi un très grand risque politique pour le Président Joseph Kabila. Du moins, tel était le sentiment des tenants du pouvoir en R D Congo.

 

C'est que le pouvoir de Kinshasa se rapelle encore la triste mésaventure de Laurent Kabila, celui qui s'était fait aider par des troupes rwandaises et d'autres mercenaires de tout acabit pour bouter Mobutu Sésé Séko hors du pays, reprendre le pouvoir, et entreprendre des mesures politiques presque pires que celles de son prédécesseur.

 

Et depuis lors, l'ex-Congo Léopoldville, ex-Zaïre et actuel Répubique Démocratique du Congo n'a plus connu la paix sociale et politique. Et l'actuel Président de la RDC, Joseph Kabila (fils spirituel de l'autre Kabila) continue toujours de subir les conséquences de cette crise politique. D'où la méfiance, somme toute légitime et justifiable, de l'actuel pouvoir de Kinshasa.

 

C'est donc pour se blanchir aux yeux du Chef de l'Etat congolais que le pouvoir de Washington a exigé une contrepartie auprès du Rwanda : qu'il lâche et neutralise le rebelle congolais, Laurent Nkunda. Mais pour cela, il fallait commencer par affaiblir ce dernier au sein même  de son mouvement, le CNDP.

 

Alors ce rôle a été confié à l'un des plus proches de Laurent Nkunda, l'un de ses Commandants aussi : Bosco Ntaganda. C'est ainsi que, contre toute attente de Laurent Kunda et de ses hommes, Ntaganda annonca subitement... la fin de la rebellion et le ralliement de ses inconditionnels à l'Armée régulière congolaise.

 

C'est dire que Laurent Nkunda n'a guère eu le temps de voir venir le coup : pire, il n'y a vu que du feu ! Bref, pour lui, c'était la fin de l'aventure maquisarde. Et à cet égard, les négociations dites de Naïrobi, entamées auparavant entre le rebelle en chef et les autorités congolaises, n'étaient que de la "poudre aux yeux" de Laurent Kunda, et mieux : un savant piège dans lequel il était tombé sans rien voir venir.

 

Paul Kagamé lâche enfin Laurent Nkunda

D'autres raisons bien antérieures ont contribué à changer l'attitude du Rwanda qui, malgré les accusations de son voisin (la RDC) avait toujours soutenu que cette affaire (celle de Laurent Nkunda) était une affaire purement congolaise. Mais la réalité était tout autre.

 

En effet, à Kigali (capitale du Rwanda), même si la "cause" défendue par le Général rebelle (enfin, l'ex-rebelle) était populaire au sein de l'opinion, ses agissements avient fini par exaspérer le Président rwandais, Paul Kagamé lui-même.

 

En réalité, Laurent Nkunda était devenu "incontrôlable". Si incontôlable  que, grisé par ses victoires sur l'Armée congolaise, il avait juré... de marcher sur la capitale Kinshasa ! C'est que depuis lors, il avait bien pris et du poil de la bête et de l'embonpoint politique. Pire, il s'était tout simplement cru assez fort pour éjecter Joseph Kabila de son fauteuil présidentiel. Mais comme on dit, "tant va la cruche à l'eau qu'à la fin, elle se brise".

 

Aussi, l'ambition démésurée de Laurent Nkunda n'a pas manqué de gêner le Rwanda vis-à-sis de ses partenaires étrangers qui avaient fini par menacer, avec de plus en plus d'insistance, de suspendre leur aide financière en faveur du Rwanda. Et comme Paul Kagamé persistait toujours à soutenir le rebelle Laurent Nkunda, le Bays-Bas furent les premiers à rompre avec le Rwanda en Décembre 2008, bientôt imités par la Suède, ensuite, par l'un des soutiens les plus sûrs du Rwanda : le Royaume Uni.

 

C'est alors que Paul Kagama a du penser en se demandant, comme on le dirait sous nos cieux : "Mais qu'est-ce qui m'a donc frappé pour que je pleure?". Autant dire qu'il a fini par comprendre que l'intérêt supérieur de son pays est plus fort que son soutien à un rebelle en disgrâce : il le lâcha donc, et sans regret.

 

Quel sera le sort du rebelle déchu?

Aujourd'hui, bien des questions se posent, quant au futur sort réservé à l'ex-Général et ex-rebelle. Laurent Nkunda hors jeu, que va-t-il se passer? Restera-t-il toujours détenu dans les geôles rwandaises? Notons qu'il avait été arrêté par les autorités du Rwanda? Sera-t-il finalement livré aux autorités congolaises? Ou prendra-t-il le chemin de l'exil, en Afrique du Sud ou dans un autre pays?

 

Et puisqu'on apprend que les Américains (encore eux) ont proposé à Laurent Nkunda de l'accueillir chez eux, ce dernier acceptera-t-il la proposition?... Du reste, cette proposition des Etats Unis de recevoir Laurent Nkunda ne cacherait-elle pas d'autres intentions, par exemple, celle d'utiliser l'ex-rebelle à d'autres fins?...

 

Quel qu'il en soit, une chose est sûre : même s'il avait été amnistié pour faits de rebellion, lors de la Conférence de Goma (depuis Janvier 2OO8), l'ancien chef du CNDP risque d'être à nouveau poursuivi dans son propre pays (la RDC) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. L' éventualité qui n'est pas du tout à exclure, loin de là...



Rédacteur(s): Oumar DIAWARA

 

 

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