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En vue de renforcer la génération des investissements dans le secteur du tourisme au Mali, la Banque Mondiale a lancé en décembre 2007 une étude pour identifier toutes les contraintes au développement et proposer un programme d’assistance technique sur l’amélioration des investissements.
Cette étude était au centre d’un atelier tenu hier à l’OMATHO, regroupant les représentants des Directions Nationales.
DES POTENTIALITES ENORMES
Selon l’étude au Mali seulement 4% des terres sont cultivables, le reste est disponible pour le tourisme qui, dans bien des cas, est la seule option économique possible. Le pays est doté d’un éventail important de ressources historiques, culturelles et naturelles qui correspondent bien à l’évolution des préférences dans l’industrie du tourisme, qui n’est plus une activité passive, mais une entreprise fondée sur des activités plus aventureuses et riches en expériences.
Le Mali offre des possibilités d’aventure et d’expériences culturelles qui sont parmi les plus intéressantes d’Afrique et du monde entier. Plusieurs des actifs touristiques maliens figurent dans la liste des sites du patrimoine mondial de l’UNESCO ; c’est le cas en particulier du pays Dogon et des villes de Gao, Djenné et Tombouctou.
Le Mali, c’est aussi la forêt des Monts Mandingues, le plateau du Kénédougou, le fleuve Niger, des réserves naturelles et des parcs nationaux, sans compter les superbes paysages de Douentza, Hombori, Kayes, Ségou et Sikasso.
Les festivals, les chants, les danses et l’artisanat font partie intégrante du tourisme malien, et des danseurs et chanteurs de ce pays ont une renommée internationale. Le désert offre aussi des possibilités pour le tourisme d’aventure spectaculaire, avec les mines de sel, la cité médiévale d’Essouk et les peintures rupestres (Adrar des Ifoghas).
LA SOUS EXPLOITATION DU SECTEUR
L’étude souligne que malgré une croissance rapide à partir d’une base étroite au cours des dernières années, l’industrie touristique reste modeste au regard des normes internationales. Ce secteur d’activité n’en demeure pas moins important pour l’économie nationale, puisqu’il représentait non moins de 5% du PIB en 2007, ce qui équivaut à 15% pour les marchandises, 59% pour les services et 2% de l’emploi en 2005.
Les recettes touristiques ont bondi de 91 millions de dollars en 2001 et 142 millions de dollars en 2004, entrant pour 11% dans les exportations et n’étant surpassées que par l’or (522 millions de dollars et le coton (257 millions de dollars). Entre 2000 et 2005, le nombre des visiteurs internationaux est passé de 87 à 143 000 mais les touristes ne représentaient que 10 à 20% de cet effectif.
Plus de la moitié des visiteurs venaient d’Europe et un quart d’autres pays d’Afrique. On voit donc que même si le Mali peut devenir une destination touristique importante, le nombre des touristes qui visitent le pays à l’heure actuelle reste modeste et la base du marché est étroite.
DES OBSTACLES
Du côté de la demande, des obstacles très importants freinent l’augmentation des touristes et l’expansion de la base sur laquelle repose le marché. A l’heure actuelle, il n’existe pas de stratégie élaborée de marketing et de promotion pour le secteur du tourisme, bien que l’OMATHO ait fait des progrès en participant à diverses expositions touristiques internationales et régionales, une approche plus ciblée sera nécessaire pour développer les marchés touristiques hautement prioritaires.
Pour le moment, le pays est pour l’essentiel une destination d’affaires. La majorité des voyageurs font du tourisme d’affaires et le tourisme de loisir est assez restreint. La stratégie à adopter éventuellement pour promouvoir le Mali devra tenir compte de cette réalité actuelle. En outre, l’offre des produits touristiques est relativement restreinte aussi pour un touriste qui visite le pays.
Pour que le Mali devienne une destination touristique plus importante, il faudra créer un éventail de produits touristiques tout en continuant à mettre l’accent sur la richesse de son patrimoine culturel, historique et naturel. S’il améliore son infrastructure, son accessibilité et la qualité de ses produits, le Mali pourra commercialiser plus facilement ses attractions touristiques en exploitant un marché touristique plus large.
Un autre obstacle du côté de la demande freine le développement du tourisme : le coût des visas et la politique de délivrance des visas. Les visas coûtent chers et le processus de délivrance peut être long et compliqué. Le coût des visas varie aussi de façon substantielle d’un pays à l’autre. Si le Mali ne prend pas des dispositions pour faciliter la délivrance des visas à moindre frais pour visiter le pays, ce problème va sans doute devenir à terme un obstacle à l’évolution du tourisme international dans le pays.
Il faudrait aussi harmoniser le coût des visas d’un marché touristique à l’autre. Du côté de l’offre, le transport aérien devient un obstacle important au développement du secteur touristique dans le pays. Les autres fournisseurs de produits et services touristiques incluent notamment les hôtels, les restaurants, les voyagistes, les agents de voyage et d’autres entreprises de transport comme la location de voitures.
En général, les options offertes aux touristes par ces opérateurs sont peu diversifiées. En dehors de Bamako, il est difficile de trouver des hôtels et des restaurants qui répondent aux normes internationales.
La qualité des services est très variable en raison du manque de transparence des réglementations. Rares sont les voyagistes qui offrent des voyages d’aventure à forfait, et les entreprises de la location de voitures sont peu nombreuses.
En dehors des possibilités limitées qu’offrent les transports aériens et les entreprises de location de voitures, les touristes ne disposent d’aucun moyen pour rayonner à partir de Bamako vers d’autres attractions touristiques. Au plan opérationnel, les prestataires de produits et de services se heurent à différents problèmes.
Le manque de personnels qualifiés est le problème le plus important signalé par l’ensemble des opérateurs privés du secteur. Il affecte la qualité des services offerts aux touristes, de même que la productivité et efficiente.
D’AUTRES OBSTACLES MOINS RIGOUREUX
A en croire l’étude de la Banque Mondiale, les obstacles qui concernent moins spécifiquement le tourisme, mais qui sont tout de même d’une importance fondamentale pour cette activité sont l’accès à la terre dans l’optique du développement du tourisme est problématique.
Les banques locales deviennent certes plus actives, mais les prêts aux entreprises du secteur touristique demeurent très limités. Les régies rigoureuses qui s’appliquent, qui incluent notamment le dépôt d’une garantie pouvant atteindre 50% de la valeur du prêt, constituent un obstacle déterminant.
LES PROPOSITIONS DE L’ETUDE
L’équipe chargée du climat de l’investissement pour l’Afrique propose un programme d’assistance technique sur une période de trois ans, articulé autour de trois phases, avec des jalons qui constitueront le chemin critique pour la poursuite du programme.
Prenant appui sur les compétences fondamentales de l’équipe, le programme a pour objectif d’accroître l’investissement dans le secteur du tourisme plutôt que le nombre des entrées du tourisme : il fait une large place à l’instauration d’un environnement plus porteur pour les entreprises afin d’attirer des investissements privés axés sur le développement de produits et de services touristiques au Mali, et de promouvoir l’investissement.
Les trois places sont les suivantes : identification de projets servant de soldes opérationnels, élaboration d’une feuille de route pour réaliser les investissements phares, et mis en œuvre.
La première phase consistera à identifier un projet servant de socle opérationnel pour le Mali à travers une série d’activités telles que l’établissement de projections de la demande, l’analyse de l’impact économique, l’estimation des coûts, d’identification des investisseurs potentiels.
Dans la deuxième phase, des dispositions seront prises sur la base des analyses effectuées pour supprimer les principaux goulots d’étranglement réglementaires. Parallèlement, un programme de promotion sera préparé à l’intention des investisseurs.
Une fois que la deuxième phase aura été menée à bien, un programme proactif de promotion de l’investissement sera lancé dans la phase finale afin d’obtenir des contrats d’investissement qui mobilisent l’attention. Pour mettre en oeuvre un tourisme florissant, le Mali doit adopter une méthode d’approche par étapes, avec des objectifs ambitieux mais réalistes basés sur les ressources disponibles pour appuyer ces objectifs.
Il va de soi que le financement est d’une importance déterminante, mais les efforts pour mobiliser les opinions en faveur de ce secteur d’activité et en faire une activité viable doivent venir des autorités maliennes. Ce n’est qu’avec un tel engagement que le tourisme aura des chances de croître.
Au cours de cette rencontre, les représentants des différentes Directions Nationales vont apporter des modifications nécessaires afin que l’étude reflète nos réalités touristiques sur le terrain. Puisque l’étude a été réalisée par des consultants internationaux sur financement de la Banque Mondiale. |