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Les pays développés traînent les pieds pour respecter leurs nombreux engagements d’aider les nations pauvres à sortir de la pauvreté et du sous-développement
Après la rencontre entre Européens et Africains en novembre dernier à Strasbourg en France, sur le financement de l'aide publique au développement, la communauté internationale s’est retrouvée la semaine dernière à Doha au Qatar, pour évaluer le niveau de mise en œuvre du Consensus de Monterrey, relatif toujours au financement du développement. Notre pays était représenté à cette conférence par le ministre des Affaires étrangères et de Coopération internationale, Moctar Ouane. Les assises de Doha entrent dans le cadre du suivi de la mise en œuvre des engagements pris par la communauté internationale de s'investir dans l'élimination de la pauvreté à travers une croissance économique soutenue et la promotion du développement durable grâce à l’instauration d’un nouveau partenariat entre pays développés et en développement.
Le ministre Ouane a constaté, dans son intervention, que six ans après l’adoption du Consensus de Monterrey, le bilan reste mitigé. « Si des progrès notables ont été accomplis ça et là en matière de développement humain, la situation dans la plupart des pays en développement, notamment ceux d’Afrique subsaharienne, demeure assez préoccupante. En dépit des efforts déployés par les gouvernements des pays en développement pour assurer à leurs peuples un développement durable, des centaines de millions de personnes vivent encore dans l’extrême pauvreté », a rappelé Moctar Ouane, avant de faire remarquer que la plupart des engagements pris par le G-8 lors du sommet de Gleneagles en 2005, en faveur des pays les plus pauvres du monde, n’ont pas encore été honorés.
Ces pays continuent ainsi de supporter le lourd fardeau de la dette extérieure qui hypothèque leurs efforts de développement. Les causes de cette situation, relève le ministre, sont connues de tous. Les défis qui secouent toute la planète et dont la solution passe par l’instauration d’un véritable partenariat mondial, concernent en premier chef nos pays. Il s'agit notamment des effets conjugués du changement climatique et les crises alimentaire, énergétique et financière. Et, si rien n'est fait pour arrêter ces phénomènes, ils risquent de compromettre sérieusement la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement à l’horizon 2015.
Moctar Ouane a aussi constaté combien l’on était encore loin de la concrétisation de la promesse des pays développés de porter le volume de l'aide publique au développement à 0,7% de leur PNB. Par ailleurs, l’iniquité du système commercial international, la fluctuation des prix des matières premières ainsi que la politique de subvention menée par certains pays développés ruinent nos économies et freinent le développement de notre agriculture. Elles privent nos producteurs de leur part du marché mondial, aggravant ainsi la pauvreté que la communauté internationale s’est engagée à éliminer lors du Sommet du millénaire.
« La conjugaison de ces différents facteurs risquent d'estomper l'immense espoir soulevé par l’adoption de la Déclaration du millénaire et celui du Consensus de Monterrey si la communauté internationale n’accorde pas toute l’attention nécessaire aux questions de développement. Elle doit offrir aux pays en développement l’égalité de chances leur garantissant les conditions d’une participation effective à l’économie mondiale », a plaidé le ministre Ouane. Il est douloureux de constater que le continent africain, qui regroupe environ 12% de la population mondiale, ne représente aujourd’hui qu'environ 1% du produit intérieur brut mondial et seulement 2% du volume des échanges mondiaux, soulignera-t-il.
L'UNIQUE CADRE DE REFERENCE : « Pour sa part, le Mali considère que l’ampleur et la complexité des défis à relever ne doivent nullement nous détourner de nos priorités et de nos impératifs de développement. Il apparaît donc urgent pour les gouvernements des pays en développement de développer de nouvelles aptitudes appelant à plus d’initiatives, d’imagination et de créativité.
D'ailleurs, ils n’ont d’autre alternative que de redoubler d’efforts pour assurer le développement économique et social, la croissance et la prospérité de leurs peuples », a jugé Moctar Ouane.
C'est dans ce cadre que notre pays a élaboré le Projet de développement économique et social (PDES) qui est l’expression d’une volonté politique forte du président de la République de poursuivre et d’intensifier la lutte contre la pauvreté. Le PDES vise à accélérer la mise en œuvre du Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté. Il s’appuie sur la mobilisation des ressources financières nationales et extérieures, la promotion des initiatives privées nationales, le partenariat entre le privé et le public. Les priorités contenus dans ce document stratégique sont : le désenclavement intérieur et extérieur, le développement du secteur agricole et l’accroissement de la production céréalière, le renforcement des infrastructures et l’accès de tous aux services sociaux de base tels que l’éducation, la santé, l’eau potable, l’alphabétisation.
Moctar Ouane a réaffirmé l'attachement de notre pays au Consensus de Monterrey, qu'il considère comme l'unique cadre de référence pour nos États engagés dans le combat pour la croissance et le développement durable en espérant sur l’instauration d’un système économique mondial plus juste et équitable.
Sur un autre plan, le ministre qui intervenait au lendemain des attaques terroristes sanglantes de Bombay en Inde a saisi l’occasion pour présenter les condoléance de notre pays au peuple indien ainsi qu’aux familles des victimes durement éprouvées par ces épreuves. Il a ajouté que notre pays condamne avec la plus grande fermeté cette barbarie.
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