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Pendant que les salaires des travailleurs n'ont augmenté que de 6% en moyenne, les prix des denrées de première nécessité ont pris l'ascenseur ces deux dernières années. Pleinphare sur une dizaine de produits de consommation de base.
M. Dajié SOGOBA, cadre PARENA et planificateur au ministère des Enseignement secondaire, supérieur et de la recherche scientifique, a produit une étude comparative des prix sur une dizaine de produits de consommation de base : mil, farine, riz, savon, huile, lait, viande, essence, gazole et pétrole. Cette étude concerne les deux dernières années où l'écart des prix est patent (cf. encadré) ; alors que, au même moment, les salaires n'ont progressé que de 6% en moyenne. Pour remédier à cette flambée vertigineuse de prix sur le marché malien, M. SOGOBA a préconisé des solutions à court terme : l'installation d'un conseil national des prix ; la subvention des produits de grande consommation (riz, farine, huile, etc.) ; la fixation du prix de vente des produits et l'application correcte de celui-ci ; l'étiquetage, le marquage et l'affichage des prix ; la publication continue des prix ; une meilleure organisation des consommateurs afin qu'ils veillent à l'application correcte des prix ; un suivi assuré de l'application des mesures d'exonération par la chambre de commerce, les services de douanes, du commerce et de la concurrence, lès associations de consommateurs. A moyen terme, il propose de développer les cultures de contre-saison et les cultures vivrières, d'inciter à la consommation de la production nationale, etc. Sur le long terme, sa solution consiste à construire des usines, dont les actionnaires seront l'Etat et les opérateurs économiques crédibles ; à augmenter, de façon substantielle, la production de riz ; etc. Ces propositions ont été enrichies par le Comité directeur du PARENA qui a organisé à ce sujet, samedi dernier, un atelier de réflexion avec le concours du NDI, un organisme de l'US-AID. Sur le diagnostic de la situation, deux types de causes ont été identifiés : endogènes et exogènes. Les causes " importées " ont trait à la diminution de l'offre mondiale, elle-même due aux calamités naturelles et aux mesures de protectionnisme édictées par les pays producteurs qui mettaient auparavant leurs surplus sur le marché international. La flambée du cours du pétrole, qui a longtemps dépassé la barre des 110 dollars le baril, a des effets induits sur tous les autres produits. Le secteur transport est celui qui en pâtit le palus avec au moins 40% d'augmentation des coûts pour les pays enclavés comme le Mali. Les causes " internes " concernent principalement la baisse de la production nationale pour le riz, le mil et l'huile. Le manque d'anticipation et la mauvaise gouvernance sont des facteurs aggravants en la matière.
Quant aux remèdes, ils sont également de deux types : conjoncturels et structurels. Aussi, pour parer au plus urgent, convient-il de se donner les moyens de connaître avec plus ou moins d'exactitude le stock dans les magasins privés, mais aussi de rationaliser la gestion du stock pour la sécurité alimentaire et l'autosuffisance alimentaire. La mesure la plus innovante, au-delà des exonérations fiscales, concerne le renoncement temporaire de l'Etat aux taxes sur le chiffre d'affaires réalisé par les importateurs de produits de première nécessité comme le riz. Au titre des mesures structurelles, il a été préconisé une production nationale suffisante à " prix et coûts abordables " pour couvrir les besoins locaux et exporter le surplus dans la sous région ; une baisse des coûts de production pour influer sur la productivité et la compétitivité des produits nationaux, notamment électricité et les intrants agricoles. Une politique d'emploi hardie est également jugée indispensable en harmonie avec le relèvement du biveau des revenus en mettant l'accent sur la redistribution de ceux-ci. |