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"Ma suspension par le CE Adéma est nulle et non avenue"
 
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Après son coup de maître du 25 novembre dernier, Soumeylou Boubèye Maïga, le président de Convergence 2007, dans un entretien qu'il nous a accor­dé dimanche, lève un coin de voile sur ses motivations, ses ambitions et son programme. Il donne également son avis sur sa suspension par le CE Adéma qu'il juge d'ailleurs sans fondement car, « nos censeurs sont incapables de dire la faute que nous avons commise », a-t-il lancé. Interview.

Les Echos : Quels sont vos sentiments après votre démons­tration de force du samedi 25 novembre 2006 ?

S. B. M. : Nous avons un très bon moral. Je pense que même nos adversaires sont bien obligés de reconnaître que ça été une manifestation réussie. Le succès ne nous surprend pas, il est le fruit d'un travail en profondeur que nous faisons depuis plusieurs années et du reste, l'objectif n'était pas d'impressionner qui que ce soit, mais que nos adhérents, nos amis, nos sympathisants puissent échanger, prendre conscience qu'ils sont une force et en tirer une énergie supplémentaire pour pou­voir continuer leur travail. A ce jour, je crois que nous sommes dans une très bonne situation. Et depuis, nous avons compris que cela correspondait à une attente profonde et nous avons enregistré beaucoup de manifestations d'in­térêt, beaucoup d'adhésions, beaucoup de ralliements. Nous sommes sûrs que nous sommes sur une voie juste et c'est ça le plus important.

 

Les Echos : Une voie juste pour vous certes, mais « injus­te » pour le CE Adéma qui vous a suspendu. Comment appré­ciez-vous cette décision ?

S. B. M. : Je crois que chacun est dans son rôle. Les membres du CE qui ont voté pour notre sus­pension sont dans leur rôle ou du moins sont dans des rôles qu'ils essayent de tenir depuis un certain temps. Mais, nous ne nous consi­dérons ni suspendus ni menacés par quelque exclusion que ce soit parce que nos censeurs sont inca­pables de dire quelle est la faute que nous avons commise. Notre appartenance à l'Adéma ne relève pas d'une décision administrative surtout anti-statutaire. A la limite, c'est une décision qui nous donne une occasion supplémentaire d'être encore plus en contact avec la base du parti et pour mieux faire partager nos points de vue à la base du parti.

 

Donc, honnêtement, de ce point de vue, nous n'avons pas de problème. S'il y a des gens qui sont dans l'illégalité, ce n'est pas nous. Nous sommes en parfaite cohérence avec nous-mêmes, avec les textes du" parti, avec la volonté des militants à la base.

 

Les Echos : Autrement dit, vous considérez nulle et non avenue la décision du CE Adéma...

S. B. M. : Complètement oui. Une décision qui ne lie que les gens qui l'ont prise. Ça ne nous concerne pas du tout.

 

Les Echos : Que vouliez-vous dire exactement quand vous disiez au meeting de l'Asma « Je suis totalement prêt et disponible » ?

S. B. M. : Je crois que c'est très clair. Non seulement, je crois que c'est très clair, mais je pense en plus que ce n'est pas une faute vis-à-vis de notre parti ou de qui que ce soit. Ce serait quand même paradoxal que nous ne soyons pas prêts au service de notre pays. Je ne comprends d'ailleurs pas l'émoi que cela semble avoir suscité et pour moi, c'est dans la logique de ce que nous faisons. Nous allons continuer à renforcer ce mouve­ment pour que le moment venu, nous puissions concrétiser nos objectifs.

 

Les Echos : N'est-ce pas là une déclaration de candidature pour l'élection présidentielle de 2007 ?

S. B. M. : Pour le moment, personne n'a déclaré sa candida­ture, beaucoup de gens sont en campagne. Nous faisons comme tous ceux-ci. Je pense que cette formule résume bien notre posi­tion, le sens et l'état d'esprit dans lesquels nous travaillons. Je laisse chacun libre de ses analyses, de ses supputations. Nous, nous savons très bien là où nous allons et comme je le disais, il n'y a pas de bon vent pour celui qui ne sait pas où aller. Nous travaillons depuis plusieurs années sur cette ligne que nous avons défendue partout où les questions se posaient. Donc, il n'y a pas d'am­biguïté dans mon esprit.

 

Les Echos : Que comptez-vous faire maintenant ?

S. B. M. : Nous allons produire un certain nombre de documents dans le cadre d'ateliers théma­tiques que nous allons organiser. Nous allons organiser un meeting dans chaque capitale régionale courant décembre début janvier. A Bamako, la coordination va ouvrir une représentation dans chaque commune parce que jusque-là, il n'y a qu'un seul siège à Bamako. Et à partir de la clôture du proces­sus de révision électorale, on met­tra en place un dispositif d'organi­sation, de formation pour faire face aux étapes à venir. Moi-même, je vais entreprendre une tournée dans la sous région auprès de nos représentants ainsi que dans d'autres pays. Nous poursuivons notre chemin tranquillement et de manière assez confiante sans nous laisser perturber ou divertir par des réactions que nous pou­vons enregistrer ici et là et qui ten­dent à nous contrarier ou à nous contrecarrer. Ce qui fait partie du jeu normal. Nous comprenons les réactions des uns et des autres, mais nous ne sommes pas de nature à nous émouvoir outre mesure.



Rédacteur(s): Propos recueillis par SIDIKI Y. DEMBÉLÉ

 

 

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