Pas mal du tout, j'ai trouvé cela aussi chez les chrétiens , tout en sachant que le christianisme a précédé l'islam. Mais vu ma spécialité, j'opterai pour par une reprise de reprises de belle histoire de religions dite païennes. Il y a 5 mille ans , quand les ignorants guidés par leur ventre sont arrivés sur nos terres (je m’abreuvais à cette époque à deux sources), ils ont dit papa qui est dieu ? on leur a dit celui qui te fuit et qui te fuira toujours. Le porc a beau se mettre du parfum, il couinera toujours quand vous l'interpellerez.
PARABOLE DU ROI AU DOIGT COUPÉ
On raconte qu’un roi qui ne croyait pas en la bonté de Dieu, avait un esclave qui, dans
toutes les circonstances, disait : « Mon roi, ne vous découragez pas, car tout ce que Dieu
fait est parfait, il ne se trompe pas! » Un jour, ils partaient à la chasse et chemin faisant,
une bête sauvage attaqua le roi. Son esclave réussit à tuer l’animal, mais n’a pu empêcher
le roi de perdre un doigt. Furieux et sans montrer sa gratitude pour avoir été sauvé, le
noble dit: « Dieu est-il bon? S’il était bon, je n’aurais pas été attaqué et perdu mon
doigt. » L’esclave répondit seulement : « Mon roi, en dépit de toutes ces choses, je peux
seulement vous dire que Dieu est bon, et il connait le pourquoi de toutes ces choses; ce
que Dieu fait est parfait et il ne se trompe jamais!
Indigné par la réponse, le roi a ordonné l’arrestation de son esclave. Plus tard, le roi partit
pour une autre expédition de chasse et fut capturé par des hommes sauvages qui
pratiquaient des sacrifices humains. La victime royale était attachée sur l’autel, prête pour
le sacrifice. Les nobles sauvages ayant constaté que la victime n’avait pas tous ses doigts,
en vinrent à la conclusion qu’elle n’était pas assez parfaite pour être offerte aux dieux et
fut donc détachée et libérée.
À son retour au palais, le roi autorisa la libération de son esclave qu’il reçut très
affectueusement. « Mon cher esclave, Dieu est vraiment bon pour moi. J’ai failli être tué
par des hommes sauvages, mais par manque d’un seul doigt, on m’a relâché! Mais j’ai
une question : Si Dieu est si bon, pourquoi m’a-t-il permis que je te mette en prison? » Et
l’esclave de répondre ceci : « Mon roi, si j’étais allé à la chasse avec vous, j’aurais été
sacrifié à votre place parce qu’il ne me manque aucun doigt. Par conséquent, rappelez-
vous, votre majesté, que tout ce que Dieu fait est parfait. Il ne se trompe jamais!
Il est arrivé au cours de l’Histoire, que les hommes considèrent que Dieu puisse
intervenir dans les événements soit pour punir, soit pour avertir, soit pour bénir les
hommes. Le hasard n’existerait pas, il ne serait qu’un manteau dont Dieu se couvre pour
mieux passer inaperçu. Une telle vision du monde, chère aux tenants des systèmes
religieux païens, ne date pas des dernières lunes. Une telle vision a pour but de faire
valoir Dieu qui doit se montrer provident envers l’homme et ce dernier doit se soumettre
à un plan préétabli qu’il doit exécuter en automate, obéissant à des ordres divins dans le
but de recevoir des mérites ou encore des compensations. Dans le cas contraire, l’homme
se retrouverait en une situation de démérite et de possible punition. Si l’épreuve arrive,
elle arrive alors en vue d’un bien supérieur qu’il doit espérer et attendre dans la
soumission. Dans la parabole du roi au doigt coupé, on remarque tout de suite que les
deux acteurs pensent à la manière des païens de ce monde.
Jetons en premier lieu un bref regard sur une page d’Évangile bien significative à ce
sujet :cf Lc 13, 1-5. On y parle de l’affaire des Galiléens et de l’affaissement de la tour de
Siloé qui avait causé la mort de dix-huit personnes. Ces gens n’étaient pas plus pécheurs
que les autres, dit Jésus, mais ils ont été entraînés dans la mort d’une façon brutale et
inattendue. Ces drames n’étaient donc pas des punitions divines, selon une relecture
païenne des faits, mais des événements, des accidents brutaux qui doivent nous rappeler
la précarité de notre vie. Donc, dit Jésus, convertissez-vous, menez une vie propre à celle
du Royaume, sinon vous périrez tous de la même manière, vous mourrez en étant non
préparés à vivre pleinement dans le Royaume.
Le Dieu de la foi chrétienne n’est ni le Dieu totalement absent des athées ni le Dieu
totalement contrôlant des religieux du paganisme. Il est le Dieu Autre, le Dieu
bienveillant. Le Dieu qui veille donc avec bonté tout en laissant l’Homme seul face au
déroulement incessant des événements, SEUL FACE À L’AUTONOMIE DU MONDE.
L'Homme fait son bonheur en utilisant ce monde et en le maîtrisant. Dieu n’est pas
indifférent au déroulement des affaires de ce monde, il laisse notre monde exister sans
inter-venir ni pour empêcher ni pour réparer. Dieu n’est ni absent, ni contrôlant, il est le
proche partenaire bienveillant de ce monde autonome.
Le seul signe de Dieu dans le monde est venu dans la personne du Christ, dont la
présence a été espérée depuis Abraham et tous les croyants bibliques et maintenant
rendue visible au sein de l’Église. En Jésus, Dieu est intervenu par grâce, par amour, en
partenariat de bienveillance. Dieu est intervenu en Jésus comme une puissance de vie
pour l’Homme. Mais ce dernier demeure seul pour agir ou subir l’événement. Tandis que
le païen voit dans le malheur des punitions ou des avertissements providentiels, le croyant
voit dans le malheur rien de permis mais des séquelles de l’autonomie de ce monde.
En conclusion, le croyant évangélisé refuse d’être objet des hasards, refuse le rôle
d’exécutant téléguidé par un Dieu contrôlant et méfiant et devient ainsi donc un créateur
d’existence et de sens. En agissant en être de précarité sur l’événement pour épanouir son
existence, l’Homme devient donc co-créateur, véritable fils de Dieu. Et devant cet
Homme, Dieu n’est ni jaloux ni mesquin mais un partenaire bienveillant engagé à la
promotion de l’Homme pour en faire un fils dans le Fils!
- Pierre-Gervais Majeau, ptre-curé, diocèse de Joliette, QC. SOURCE:
http://www.diocesedejoliette.org/enrich ... tcoupe.pdf.