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  RFI, RFI Afrique
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Le malien vit plus ou moins bien avec ces contradictions. La tradition est souvent puissante, la modernité n’est pas toujours enchanteresse. Le Mali est un pays très riche culturellement évoluant sous l’effet des mythes, des tabous et des pratiques encestrales. Dans certains domaines de la vie sociale du malien, rien n’échappe à la difficile conciliation entre la traditon et la modernité.

Qu’il s'agisse du mariage, de l’éducation des enfants, du comportement vestimentaire, de l’excision, rien dans le quotidien du malien n’est épargné par le conflit permanent engagé entre les deux tendances.

Ainsi dans nos sociétés certaines traditions frappent d’interdits des actes, des objets ou même des êtres auxquels elles confèrent un caractère sacré ou impur. L’observation de ces interdits est sencée préserver des effets néfastes qui frapperaient tout contrevenant.


 
Dès le XVIe siècle, l'université musulmane de Tombouctou devint un grand foyer de culture. À cette époque, les écrivains Ahmed Baba es-Saadi (Tarikh es-Soudan) et Mahmoud Kati (Tarikh el-Fettach) firent la gloire du pays. La littérature orale traditionnelle est vivace: les griots continuent encore à transmettre de père en fils les gestes de Soundiata et de Kankan Moussa. Né avec le XXe siècle, Amadou Hampâté Bâ (1901-1991), l'un des plus éminents représentants de la littérature africaine, surnommé «le Sage de l'Afrique», a consacré une immense oeuvre de poète, d'historien, de philosophe et d'ethnologue à l'importance des traditions orales dans la culture du continent noir («En Afrique, chaque vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle»); de Koumen (1961) à Amkoullel, l'enfant peul (1991), il fut à l'écoute des «vieillards» et se fit l'ambassadeur des diversités de son pays, y compris auprès de ses jeunes compatriotes.
 
Il a également donné un roman, l'Étrange Destin de Wangrin (1973), et deux tomes de mémoires (1991-1994). Son contemporain Fily Dabo Sissoko est le poète de la tradition et de l'engagement politique (Poèmes de l'Afrique noire, 1963).
 
Massa Makan Diabaté fait revivre l'épopée (Janjon et autres chants populaires du Mali, 1970) et observe la réalité contemporaine dans trois chroniques consacrées à la ville imaginaire de Kouta (1979-1982). Seydou Badian célèbre lui aussi la tradition (Sous l'orage, 1957).

En 1968, Yambo Ouologuem (le Devoir de violence) condamne la tradition et les pouvoirs en place. Sahel ! Sanglante sécheresse (1981) de Mandé-Alpha Diarra, Toiles d'araignées (1982) d'Ibrahima Ly, Fils du Chaos (1986) de Moussa Konaté développent la critique sociale. Avec H. I. Issébéré, G. Diawara, A. Kounta, A. Ascofaré, H. Magassa, la poésie demeure très vivante.

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