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Mali -Droits des enfants : Des avancées timides

''Au Mali, il y a eu des avancées en matière de protection et du droit des enfants à travers l'adoption de tous les textes juridiques en matière des droits de l'enfant et surtout le code de protection'' a souligné la présidente du parlement national des enfants, Mlle Fatoumata Sankaré. Avant de déplorer, que ''les droits des enfants ne sont pas respectés au Mali comme le préconise la CDE (Convention des Droits des Enfants)

 ''La situation des enfants au Mali ressemble à une bouteille, qui n'est ni pleine ni vide, a ironiquement schématisé'' Moussa Bolly, journaliste et Coordinateur du   Réseau des journalistes et communicateurs contre la Traite et le Travail des enfants (REJOCOTE). Selon lui, sur le plan de la protection des droits des enfants, le mali a fait beaucoup au niveau législatif et juridique. En guise d'illustration, autres avancées citées il a cité  l'adoption du code de la protection et le code pénal, la gratuité de l'enregistrement des enfants à la naissance…

''Le respect de la liberté d'expression et de la participation effective des enfants à travers l'institutionnalisation du Parlement national des Enfants et d'autres groupements d'enfants'' renchérit la présidente du parlement des enfants, constituent également des avancées.

Pour Oumar Ibrahim Touré, ministre malien de la santé, ''la gratuité des anti rétroviraux, du traitement du paludisme et de la césarienne'' démontrent également la volonté des autorités maliennes. ''Ces actions qui visent directement ou indirectement les enfants constituent également des acquis dans l'arsenal de protection des droits des enfants au Mali'' a par ailleurs souligné le ministre de la santé.

Chaque jour, de nombreux enfants, sont exposés à des dangers qui compromettent leur croissance, leur développement donc leur devenir.

Les enfants Maliens, comme une grande majorité d'enfants, ont besoin de soins de santé, de formation adéquate, de loisir, de manger à leur faim, de protection contre les mauvais traitements, les abus et les violences donc d'évoluer dans un environnement rassurant.

Le Mali certes fait des efforts dans la promotion des droits de l'enfant, mais force est de noter, que beaucoup de textes souffrent de leur inapplication et de leur manque de conformité aux vécus quotidiens.

Un certain nombre de question se pose. N'y a t-il pas déphasage entre les réalités que vivent les enfants sur le terrain et les lois en vigueur ? Quel est l'effort fait par le droit positif malien pour une amélioration réelle ? Finalement " Que vaut le droit de l'enfant face aux réalités culturelles et socio-économiques maliennes ?".

Les insuffisances

Pour la jeune présidente du Parlement national des enfants du Mali, Fatoumata Sankaré, 18 ans, les insuffisances se situent à deux niveaux.

Selon elle, l'éducation pour tous n'est pas  assurée et il y a un manque de centre spécialisé de détention pour les enfants en conflit avec la loi.

 

Au Mali, l'enseignement est gratuit et obligatoire pour tous (Décret 314/PGRM du 26 novembre 1981). Mais cette gratuité souffre d'inapplication, d'ou la nécessité de la création d'un Service Public chargé de la gestion de cet avantage, pour faire de ce droit une réalité. Le matériel didactique aussi pose problème aux nombreux parents, incapables de subvenir au minimum. La médecine scolaire est mal structurée et pratiquement inexistante, note un récent rapport du Prodej (programme décennal de la justice).

Pour Moussa Bolly, une loi contre l'excision est l'une des principales failles dans le système de défense des droits des enfants au Mali.

''Le Mali a fait beaucoup mais, les autorités n'arrivent pas à prendre une loi contre cette pratique néfaste à la santé de la petite fille et de la femme''. Selon une Enquête sur la cartographie des intervenants dans le domaine de l’excision au Mali en 2008, « 85,2 % des femmes (entre 15 et 49 ans) sont excisées au Mali ».

Cette pratique est en légère diminution par rapport à la précédente enquête (1995-1996) qui affichait un taux de prévalence de 93,7 %. Toutefois, l'âge a également changé. En effet, on excise les filles plus jeunes, voire à la naissance sous prétexte d'atténuer la douleur. » a précisé Kéita Joséphine Traoré, Directrice du Programme national de lutte contre l'excision au Mali. 

Selon elle, cette pratique est ainsi considérée comme une atteinte à l'intégrité physique et morale de la victime. Sans compter les risques encourus par la petite fille excisée dans des conditions d'hygiène parfois insuffisantes. Ceux-ci vont de la mort suite à une infection à la douleur liée à l'opération, souvent faite sans anesthésie en passant par la stérilité, la frigidité, les fistules vaginales, les difficultés d'accouchement...

Sans oublier les conséquences psychosociales.

''Les enfants de la rue ne sont pas très présents dans l'arsenal de protection de l'Etat. Ils sont laissés aux seules ONG'' a déploré Bolly. Les enfants sont utilisés dans toutes les sphères du secteur productif, et très souvent dans l'informel, qui échappe à n'en pas douter à un quelconque contrôle a – t – il conclu.

"L'exploitation économique des enfants est une violation des droits de l'homme et constitue un gaspillage inadmissible de ressources humaines pour nos pays avait déclaré l’ancien  Premier ministre Malien, Ousmane Issoufi Maïga lors du lancement du Projet d'appui du programme de lutte contre les pires formes de travail des enfants au Mali en janvier 2007.

 

''Au Mali cette exploitation prive l'enfant de l'éducation, de la formation et des activités récréatives'' a – t – il souligné."

Avec ce projet, le Mali compte soustraire 9000 enfants du monde du travail:

Selon Dramane Haïdara, directeur du bureau sous-régional de l'OIT pour le Sahel, cette initiative  dénommée "Projet d'appui à la préparation d'un programme assorti de délai pour l'élimination des pires formes de travail des enfants au Mali" (TBP-Time bound programme) vise à appuyer le Mali dans la coordination des politiques, programmes et actions développés par les acteurs nationaux et internationaux pour prévenir et éliminer sur une période de temps déterminé, les pires formes du travail des enfants.

''Il s'agira ensuite d'abolir progressivement toutes les formes de travail des enfants au Mali. Le programme devrait permettre de soustraire 9000 enfants maliens des PFTE'' a – t - souligné.

Financé par le département américain du Travail, le projet couvrira les régions de Kayes Sikasso, Ségou et Mopti et le district de Bamako.

Selon le coordinateur de l'ONG Enda-Mali, Soumana Couloubaly, au Mali près de 200 000 enfants sont en situation difficile. ''Seulement 12 077 d'entre eux sont, à ce jour, pris en charge par des institutions spécialisées'' s'est il indigné. 

Violation des droits des enfants

A la question de savoir, quels sont les cas de violation des droits des enfants, sans fioriture, la présidente du Parlement des enfants du Mali, Sankaré réagit :

'' Les droits des enfants ne sont pas respectés comme la CDE le préconise au Mali car beaucoup d'enfants sont dans la rue entrain de mendier, d'autres sont exploités économiquement''.

Pour la Présidente  du Parlement national des enfants, le phénomène de la mendicité des enfants talibés et d'autres catégories d'enfants est une forme d'esclavage moderne en ce 21ème siècle.

''Les enfants continuent de souffrir des pires formes de maltraitance... elle a cité entre autres abus, la négligence, l'exploitation économique et sexuelle et surtout la non application des textes juridiques.  

Au Mali, la mendicité est interdite et réprimée par la loi pour les personnes en bonne santé physique et adulte, mais l'Ecole Coranique classique constitue un véritable problème. Elle forme des mendiants et non de véritables maîtres coraniques; alors que le législateur jusqu'à nos jours est resté muet sur la question, a déclaré une note du Prodej.  

Le droit de l'enfant de façon générale est très peu connu, plusieurs personnes, en parlant de ce droit pensent immédiatement et uniquement au domaine répressif notamment la loi instituant la minorité pénale et les juridictions pour mineurs. Or ce texte n'est qu'une infime partie du vaste champ juridique relatif aux droits de l'enfant. Il n'est pas donc un vécu quotidien, une réalité palpable pour la majeure partie de la population malienne.

 Il y a un disfonctionnement entre la législation nationale et les conventions et autres textes que le Mali signe s'indigne, Traoré Oumou Touré de la Cafo – Coordination des Associations et ONG féminines du Mali, qui est un collectif de près de 600 ONG et Associations féminines.

Selon Samaké Bintou Founé Bouaré, de l'Association des femmes juristes au Mali, '' les textes ne sont pas appliqués…et les filles et les femmes sont les principales victimes''.  

L'enfant est une couche très vulnérable, très sensible. Pour cela, les discours ne règlent rien. Il faut des engagements et des volontés politiques pour que nous ne souffrions plus de la maltraitance, des violences, de la malnutrition… a déclaré Fatoumata Sankaré. Avant de lancer un appel : '' Il  faut qu'on passe des discours aux actions concrètes"

Cliquez ici pour voir les témoignages de quelques enfants sur la Convention des Droits des Enfants (CDE)

Almahady M. CISSE

   



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