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| YAYA DJIRÉ, VICE-PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION MALIENNE D'AÏKIDO:"L'Aïkido malien connaît une véritable revolution" |
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A l'occasion de la septième journée de l'Aïkido, tenue le samedi 24 juin au pavillon des sports du Stade Omnisports Modibo Kéïta, nous avons approché le vice-président de la Fédération malienne d'Aïkido, Yaya Djiré, ceinture noir le dan. Il a bien voulu nous accorder une interview exclusive dans laquelle il évoque la stratégie de développement de ce sport au Mali. A le croire, l'Aïkido malien est en train de connaître une véritable révolution ces derniers temps. Le quotidien des sports : Pouvez-vous présenter à nos lecteurs. Yaya Djiré : Je m'appelle Yaya Djiré, responsable du contentieux et du recouvrement de CFAO Motors (ex Diama). Je suis, en même temps, le vice-président de la Fédération malienne d'Aïkido (FMA). J'ai la ceinture noire, 1er dan dans cette discipline et je suis aussi le président de la commission d'organisation des festivités de la FMA. C'est un poste que j'occupe depuis 2000. Je suis rentré au sein du bureau fédéral en 2003. LQDS : Comment se porte l'Aïkido malien ? Y D : L'Aïkido malien est en train de connaître une révolution. Cela remonte à partir de 1999 à travers le mémorial feu Me Sinayogo qui a été organisé au Stade Omnisport Modibo Keïta de Bamako. A travers ce mémorial, nous avons institué la journée de l'Aïkido à partir de 2000. Cette année, nous sommes à la septième édition de la journée de l'Aïkido malien. LQDS : Quels sont les objectifs que vous visez à travers l'organisation de cette journée ? YD : L'objectif que nous visons à travers l'organisation de cette journée, est d'abord de faire connaître ce sport au maximum de personnes sur tout le territoire national. Nous voulons que les pratiquants participent aussi au développement de ce sport. La spécificité de l'Aïkido c'est que c'est un art très efficace qui est basé sur l'esquive et la maîtrise de l'adversaire. On le fait, soit en le projetant, soit en le ramenant au sol quelle que soit sa taille, avec arme ou sans arme. Qu'il soit de face, de côté ou de dos. C'est un art d'auto-défense qui permet à tout le monde de se défendre de façon très efficace. LQDS : Pour cette journée de l'Aïkido malien, y a-t-il des pratiquants qui viennent de l'intérieur du pays ? YD : Les participants ne sont pas seulement de Bamako, ils viennent aussi de l'intérieur du pays. Les régions participent, chaque année, à la journée. Ségou et Sikasso ont pris part à la dernière édition. On devrait faire venir également Tombouctou et Koulikoro, malheureusement, les Tombouctiens sont en train de régler leur problème de tapis. A Koulikoro également, ils sont en train d'aménager les salles de sports. C'est ce qui explique leur absence, cette année. Je pense que l'année prochaine nous prendrons des dispositions nécessaires pour qu'ils puissent venir. LQDS : En plus de cette journée, avez-vous d'autres politiques de développement de ce sport sur toute l'étendue du territoire national ? YD : Evidemment, nous avons d'autres politiques, parce que nous avons des ligues régionales à Sikasso, Ségou et Koulikoro. Nous sommes en train d'en installer à Kayes, Tombouctou, Gao et Kidal. Nous comptons installer les ligues prochainement dans toutes les régions du Mali. Nous sommes conscients que c'est une gageure dans la mesure où cela demande assez de moyens. La politique que nous visons est la vulgarisation de l'Aïkido. Nous voulons que, de Kayes à Kidal, tout le monde puisse pratiquer ce sport, qu'il soit connu par un grand nombre de personnes. Aujourd'hui, avec notre politique de promotion, il y a environ 3 000 pratiquants d'Aïkido au Mali. A Bamako seulement, nous avons 30 dojos. Les dojos sont des salles d'entraînement. A Ségou, il y a environ 5 dojos, à Sikasso il y a un seul. Je souligne qu'il y a des critères pour ouvrir une salle si les pratiquants ne sont pas nombreux. LQDS : quelles sont vos perspectives pour l'avenir ? YD : Nous avons beaucoup d'activités en vue. Nous allons organiser en juillet le Conseil national, parce que cela fait trois ans que le bureau actuel est là. Si les Aïkidokas renouvellent leur confiance à l'actuel Bureau fédéral, nous allons continuer sur la même lancée. Car il faut reconnaître que l'actuel Bureau fédéral a vraiment travaillé. Lorsqu'il a pris les commandes de la Fédération malienne de l'Aikido, ce sport n'était pas bien développé. Les activités étaient complètement arrêtées et il n'y avait pas d'exhibitions. Il y en a eu en 1997 pour le départ de Me Carter. Et après, tout s'est arrêté. Maintenant, avec la journée de l'Aïkido, ce sport est connu par un plus grand nombre de personnes. Nous profitons de ces manifestations pour inviter les autres fédérations d'arts martiaux qui sont au Mali, comme le Taewondo, le Karaté etc...à participer à notre fête. Cette journée de l'Aïkido peut être considérée comme le festival des arts martiaux du Mali parce que tous le monde y participe. LQDS : Lors de la dernière journée de l'Aïkido, Me Pasquet, un grand pratiquant de cette discipline, a fait le déplacement de Bamako pour la circonstance. Que peut expliquer cette présence? YD : Nous avons beaucoup de relations à l'extérieur. Nous sommes en contact avec Me Carter, qui était ici au Mali en qualité de coopérant militaire. Actuellement, Me Pasquet, qui est ceinture noire 3e dan de la Fédération Française d'Aïkido, a participé à nos journées. Il était présent l'année dernière aussi. On ne peut pas se développer en restant renfermé sur soi-même. Il faut collaborer avec l'extérieur et faire des mises à niveaux. Je pense qu'avec la collaboration que nous entretenons avec Me Pasquet, le niveau de l'Aïkido malien restera au top. LQDS : Avez-vous un dernier mot pour le public sportif malien ? YD : II y a toujours un dernier mot pour le public sportif, car sans public, rien ne peut se faire. Vous avez beau fait du spectacle, quand personne ne vous regarde, cela ne servira à rien. Vous avez vu que, malgré les matches de la Coupe du monde, les gens sont massivement venus pour assister à cette septième édition. Parce que les arts martiaux sont vraiment techniques. Au-delà de l'art de combat, ce sont des techniques de combat que nous démontrons au gens. C'est réel, ce n'est pas de la science fiction. Le football rassemble beaucoup, mais il faut reconnaître que les arts martiaux mobilisent aussi. >Propos recueillis par Kassoum Théra Le Quotidien des Sports |