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L'Indépendant - L'impatience commence à gagner les rangs des personnes inculpées dans l'affaire dite du Fonds mondial portant sur un détournement présumé de quelque 2 milliards FCFA au détriment de l'institution onusienne. Parmi les cadres et agents du ministère de la Santé écroués dans l'affaire figurent l'ex-Directeur administratif et financier (DAF) dudit département, Ousmane Diarra, l'ancienne coordinatrice du Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT), Dr Diallo Halima Nako et d'autres personnes (une quinzaine) parmi lesquelles des commerçants. L'ancien ministre de la Santé, Oumar Ibrahima Touré est, quant à lui, inculpé mais...en liberté. En attendant, certainement, l'ouverture du procès. Un procès qui, de l'avis des personnes proches du dossier, est suspendu au dépôt du rapport du Fonds mondial qui se fait toujours désirer.
Inculpés, pour certains depuis 2009, les cadres et agents du ministère de la Santé écroués à la maison centrale d'arrêt de Bamako dans l'affaire du Fonds mondial commencent vraiment à s'inquiéter. Ne sachant nullement le moment où ils seront jugés...ou libérés.
Certains d'entre eux ignorent même pourquoi ils sont en prison quand le principal présumé coupable, c'est-à-dire l'ancien ministre URD de la Santé, Oumar Ibrahima Touré, se la coule douce à son domicile, près des siens et très loin des fureurs et odeurs de la prison. Qui demeure pourtant le lot quotidien de ses co-inculpés. En tout cas, c'est désormais dans l'intérêt des intéressés eux-mêmes et du pays tout entier que le procès se tienne dans des délais raisonnables.
Primo, il y va de la crédibilité des gouvernants qui avaient d'abord, et malheureusement, parlé d'un règlement de comptes entre cadres de la Santé qui aurait amené le Fonds mondial à fouiner dans les dossiers sales de la République afin de voir clair dans la gestion des subventions allouées à notre pays par la communauté internationale.
N'est-ce pas, d'ailleurs, cette incrédulité qui aurait poussé nos gouvernants (si l'on en croit le Secrétaire exécutif du Haut conseil national de lutte contre le sida, Malick Sène), à donner le chiffre de quelques centaines de coups de fils envoyés depuis le Mali à destination de Genève) à mettre sur écoute des citoyens afin de savoir si l'affaire n'était pas un complot des...ennemis de la République. Avec le temps, tout semble corroborer qu'il y a bel et bien eu détournement de fonds.
Surtout, si l'on s'en tient au communiqué du parquet général près la Cour Suprême du Mali du 4 juin 2010, qui indiquait avoir inculpé et mis sous contrôle judiciaire l'ancien ministre de la Santé, Oumar Ibrahima Touré, dans le cadre de l'affaire dite du Fonds mondial.
En effet, selon cette juridiction, l'ancien ministre «est poursuivi pour atteinte aux biens publics, détournement de deniers publics, faux et usage de faux, favoritisme et complicité de favoritisme». Ayant "démissionné à sa demande" selon le communiqué du gouvernement Modibo Sidibé, le 5 décembre 2010 de ses fonctions de ministre de la Santé, Oumar Ibrahima Touré est donc, depuis le 4 juin 2010, dans les mailles de la justice. Même si, suprême privilège, l'intéressé est laissé en liberté. S'est-il acquitté d'une caution pour bénéficier de la liberté provisoire qui est, en même temps, refusée à tous les autres cadres et agents inculpés et écroués dans la même affaire?
Face à cette injustice-il faut appeler les choses par leur nom- des parents de personnes détenues, dans le cadre de cette affaire, envisageraient de marcher sur le département de la justice. Afin de réclamer plus d'équité et de justice dans cette affaire.
C'est vrai que pour des parents de nombre de détenus, la "liberté totale", c'est l'expression usitée par nos interlocuteurs, accordée à Oumar Ibrahima Touré, n'est pas pour la tenue d'un procès dans des délais raisonnables.
Beaucoup parmi les cadres qui y séjournent présentement, et cela depuis août 2010 pour la plupart d'entre eux, avaient, en franchissant les portes de la maison centrale d'arrêt de Bamako-coura, pensé y rester au plus pour une semaine. Avaient-ils tort ? Que non ! Au Mali, certains pensent qu'on peut tout obtenir avec l'argent. Que cela passe. Ma.s cette fois-ci, l'affaire oppose des citoyens maliens au Fonds Mondial, une Institution dont les responsables ne prennent pas leur petit déjeuner à Koulouba, encore moins leur dîner au bord du fleuve Djoliba où siègent la primature et le gouvernement du Mali.
Au moment donc où l'on attendait, certes avec impatience et curiosité, le jugement de cette affaire, l'on apprend que le Rapport final du Fonds mondial n'est pas encore déposé auprès des autorités maliennes. Alors que c'est ce rapport qui est la principale pièce. Et c'est elle qui manque maintenant au rendez-vous. C'est dire que ce procès pourrait très difficilement se tenir durant le mandat du président ATT. Qui s'apprête à remettre le flambeau dans cinq petits mois. Et cela, malgré l'état d'impréparation de la future présidentielle. Les Maliens voulant désormais tourner cette page ATT, compte tenu des difficultés qui assaillent le citoyen lambda. Qui n'a ni château, ni vache ni veau Les dirigeants ayant tout ramené à leur seul entourage.
Rappelons-nous seulement le château de Goundam construit, selon des personnes qui furent proches du chantier à l'époque, à hauteur de quelque 140 millions FCFA sur des ressources du ministère de la Santé. Une grande entreprise de BTP de la place, dont nous tairons volontairement le nom pour le moment, ayant réalisé les travaux de construction de ce château. Aux dernières nouvelles, on apprend que l'ancien DAF Ousmane Diarra, qui souffrirait de problèmes de santé, pourrait bénéficier d'une liberté provisoire. Ne fallait-il pas s'y attendre... A suivre.
Mamadou FOFANA
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