L'Indépendant - Suite aux représailles dont des Touareg ont été victimes, notamment dans la ville garnison de Kati (voir article ci-dessus) le président de la République, Amadou Toumani Touré, s'est adressé solennellement à ses concitoyens, à travers l'ORTM pour les appeler «à ne pas faire d'amalgame» entre ceux qui tuent dans le désert et les paisibles ressortissants du nord qui vivent dans la paix et l'entente parmi leurs compatriotes du sud. Il a invité ceux-ci à faire preuve de compréhension, de fraternité et de solidarité à l'égard des premiers.
Dans son adresse à la nation, le président de la République a rappelé les messages qu'il a livrés sur le multiculturalisme de notre pays. "Le Mali est noir et blanc. Cette diversité est une force et une richesse que nous devons préserver à tout prix" a introduit le Chef de l'Etat.
L'un des souhaits les plus ardents des bandits armés est de faire en sorte que les populations noires, majoritairement victimes des atrocités commises dans certaines localités, notamment à Aguel Hoc, s'en prennent en représailles aux populations blanches en l'occurrence les Touareg. Malheureusement, nous frôlons cette situation car hier à Kati, les femmes et les jeunes en colère se sont attaqués à des biens appartenant aux personnes de race blanche. C'est pourquoi, dans son message, ATT l'a rappelé : "J'invite l'ensemble de nos compatriotes à garder le sens de la fraternité qui nous a toujours caractérisés, à éviter le piège de la confusion et de l'amalgame pour ne pas faire le jeu de ceux qui ont choisi de troubler la quiétude de notre pays. Ceux qui ont attaqué certaines casernes militaires et localités au Nord ne doivent pas être confondus avec nos autres compatriotes Touareg, Arabes, Songhoïs, Peulh etc qui vivent avec nous, qui vivent nos difficultés, qui ont choisi le Mali, qui ont choisi la République, qui ont choisi la loyauté et qui ont les mêmes droits, les mêmes devoirs et les mêmes aspirations que nous à vivre en paix dans un pays dédié totalement à son développement.
Evoquant les attaques perpétrées dans certaines localités qu'il a qualifiées «d'atroces et d'inacceptables», ATT a indiqué qu'elles ont été commises par des gens qui ont pris la lourde responsabilité de se mettre au ban de la communauté nationale pour des raisons qu'ils sont seuls à connaître.
Pour le Président ATT, au Mali, on n'a plus besoin de prendre des armes pour se faire admettre. "La démocratie offre toutes les voies d'expression à tout citoyen" a-t-il souligné.
Le Chef de l'Etat a saisi l'occasion pour présenter les condoléances les plus attristées de la nation entière aux familles endeuillées : "Je voudrais dire aux parents, épouses, frères et sœurs, aux enfants des soldats tombés sur le champ de l'honneur que leur deuil est celui de la Nation entière qui sera éternellement reconnaissante, et se tiendra à leurs côtés".
Le président de la République a, enfin, appelé à l'unité nationale tout en rassurant les populations que les forces de défense et de sécurité seront dotées en moyens adéquats pour effectuer leur mission sur toute l'étendue du territoire. "C'est le lieu de réaffirmer notre soutien indéfectible aux forces armées et de sécurité pour leur engagement sur le terrain. L'Etat mobilisera tous les moyens aux plans de l'équipement, de la logistique' et de l'entretien. Les assaillants ont choisi le harcèlement sur le terrain pour exercer une pression sur l'opinion et, par conséquent, nous opposer les uns aux autres. Le Mali vaincra pour préserver l'héritage commun aux Maliens du Nord et du Sud, aux Maliens de l'ouest et de l'est, fruit de siècles de brassage, de solidarité et de fraternité" a conclu le président de la République.
Diakaridia YOSSI |